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 interview Begoña ERRAZTI, Présidente d´Eusko Alkartasuna

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Ghjuvà
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Date d'inscription: 17/11/2004

MessageSujet: interview Begoña ERRAZTI, Présidente d´Eusko Alkartasuna   Sam 3 Juin - 14:27

Citation:
Begoña ERRAZTI | Présidente d´Eusko Alkartasuna
« On est un peuple, il y a un seul conflit; donc il faut une seule table des partis»


Bizkaitar d’origine, et Navarraise d’adoption, Begoña Errazti est diplômée d’Histoire de l’Université de Deusto, une discipline qui marque son orientation politique.Après des années de travail dans l’enseignement, cette militante abertzale députée au Parlement navarrais dès 1995 a accepté en 1999 la présidence d’Eusko Alkartasuna, parti d’obédience social-démocrate. Républicaine et indépendantiste, Begoña Errazti revendique "sans aucune intention idyllique" les droits historiques du Royaume de Navarre.


Vu les derniers événements et les déclarations des leaders politiques, on peut se demander si le tant mentionné processus de paix et de résolution démocratique existe vraiment. Quelle est votre impression sur la situation actuelle au Pays Basque ?


Nous nous trouvons avec un scénario nouveau, entre autres raisons avec le cessez-le-feu définitif de l’ETA. Il est vrai aussi que le scénario est différent par rapport à celui d’il y a quelques années parce que majoritairement les partis politiques se sont mis d’accord sur l’idée du dialogue comme instrument pour résoudre le conflit politique, ce qui rejoint une demande majoritaire au sein de la société basque. Cela dit, même si nous nous trouvons avec un scénario nouveau il faudra que l’on arrive au processus.
Etre arrivé au processus signifie que l’on a défini des agendas, des sujets à débattre ainsi que l’instrument des discussions, c’est-à-dire la table des partis politiques, un point de rencontre pour la résolution du contentieux basque.


Comment y arriver ?


Il faut poursuivre les contacts entamés par le passé et en créer de nouveaux, et après avoir donné une place à la recherche d’ententes et de confiance entre tous les partenaires politiques. Ce serait le dernier pas pour entamer un dialogue politique.

Quels sont les obstacles qui empêchent les acteurs politiques d’arriver à faire ce dernier pas ?


Nous croyons que l’objectif principal des partis est d’aborder le n¦ud de la question, c’est-à-dire, d’aborder le conflit politique. Le problème est que d’autres estiment qu’il n’y a pas de conflit politique. Les forces centralistes, nettement espagnoles, refusent l’existence de ce conflit parce que le fait de le reconnaître, le fait d’aborder les racines du conflit politique, le fait de répondre au mécontentement du peuple basque, entraînerait la révision des relations établies par les Etats français et espagnol par rapport au peuple basque. Et cela ne signifierait qu’une chose, qu’il faudrait trouver une solution pour actualiser ces relations, voire, reconnaître la capacité du peuple basque à décider de son propre avenir.

Vous avez mentionné la table des partis politiques. On parle soit d’une seule table pour l’ensemble du Pays Basque, soit de trois tables, l’une pour la Communauté Autonome Basque, l’autre pour la Navarre et la troisième pour le Pays Basque nordŠ Quel est votre avis?


Nous sommes pour une seule table. Nous sommes une nation, un seul peuple, un contentieux politique, et donc une seule table. Voici notre position. Cela dit, nous sommes conscients qu’il y aura des moments où il sera nécessaire d’articuler des espaces de débat et de travail pour favoriser le chemin vers la résolution. Le Parti Socialiste n’est qu’un, certes il y a le PSF d’un côté et le PSOE de l’autre, et en Pays Basque sud il y a le PSE et le PSN, mais les socialistes font tous partie de la même mouvance. Après, j’insiste, s’il faut articuler des espaces différents pour favoriser le processus, il n’y aura pas de problème de notre part.

EA a participé aux deux tables de discussion qui ont été mises en place dernièrement, la Table d’Egino et le Forum de Débat National. Quels sont les enseignements que vous en tirez ?


Eusko Alkartasuna est le seul parti à avoir participé à toutes les tables qui se sont constituées en Pays Basque pour trouver une issue au conflit, depuis Ajuria Enea, jusqu’au Forum de débat National qui a débouché sur l’Accord Démocratique de Base, en passant par les Accords de Lizarra-Garazi. L’expérience a été positive et a démontré que le consensus est la clé pour ouvrir la porte aux solutions. Lizarra Garazi, qui a été si diabolisé par certains secteurs, a rendu irréversible le processus de réflexion sur la nécessité d’un dialogue politique comme seul système efficace pour la résolution du conflit. Lizarra-Garazi a aussi rendu possible l’accord entre certaines formations politiques qui étaient jusqu’alors assez éloignées. Et, enfin, et le plus important, à travers Lizarra-Garazi la grande majorité de la société basque a pensé pour la première fois que l’on pouvait en finir avec ce conflit politique. Ces accords avaient mobilisé presque toute la société et ont assis l’idée d’un règlement dialogué du conflit.
Ensuite, toutes les autres tables nous ont montré des choses, mais surtout elles ont eu la virtualité de rapprocher des forces politiques autour de l’idée de dialogue. Certes, il n’y a pas eu des avancées quantitatives vers la résolution du conflit, mais les progrès qualitatifs ont été remarquables. Pour le dire d’une autre façon, les avancées n’ont pas été linéaires mais ont été progressives. Aujourd’hui, la société basque et l’espagnole, même les sympathisants du PP ou du PSOE, exigent une solution politique au problème.


Vous vous êtes prononcée pour la participation des formations politiques du Pays Basque nord à cette table des partis. Peut-il y avoir une solution au processus de paix sans ces partis où sans le PP ?


Nous pouvons avancer sans eux ; c’est parfaitement possible. Nous pouvons même nous approcher de la solution, mais à terme leur participation est nécessaire. Moi, je suis convaincue qu’ils vont tous prendre part. Peut-être certains ne vont-ils pas faire de grands efforts, peut-être feront-ils un usage électoral du processus, mais à terme ils devront participer parce que c’est la société qui le leur exige. Pour l’instant, certains d’entre eux ne font que mettre des bâtons dans les roues et d’autres utilisent des arguments incroyables pour refuser le dialogue. Nous avons été toujours d’accord avec le principe selon lequel on ne peut pas utiliser la violence pour défendre des projets politiques ; mais, actuellement, on nous refuse

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