Ghjuvà Admin

Nombre de messages: 7012 Localisation: Corsica Date d'inscription: 17/11/2004
 | Sujet: Interview:Mertxe Colina (un conflit au delà des frontières) Lun 3 Juil - 18:18 | |
| | Citation: | Mertxe COLINA / Porte-Parole d’Abertzaleen Batasuna « Tout le monde sait quele conflit en Pays Basque est au-delà des frontières »
Nous avons fixé le rendez-vous avec Mertxe Colina sur une terrasse de café au c¦ur de Saint-Jean-de-Luz. Elle vit le processus de Paix avec un grand espoir, tout comme à l’époque de Lizarra-Garazi. Mais 8 ans plus tard, après avoir parcouru mille fois le Pays Basque de long en large, elle espère de tout son c¦ur que cette fois-ci ce long chemin ira jusqu’au bout. Mais pour faire la paix, il faut être deux, et si jusqu’à jeudi seul un des deux camps avait bougé, depuis, le gouvernement espagnol se lance également dans le processus. Et la France ? Elle est convaincue que cette nouvelle situation modifiera les anciennes positions, afin que le dialogue prenne le dessus sur les violences et du mépris.
Jeudi, le président José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé le début des pourparlers avec l’ETA. Qu’est-ce que vous retenez de son intervention ?
Deux choses : la première, c’est qu'il reconnaît le besoin de s’entretenir avec l’ETA et annonce le début des discussions. Ce qui est normal dans le processus actuel et qu’on voyait venir, qui va dans le droit fil vers un processus de résolution du conflit et vers la paix. Mais, encore plus important, c’est qu’il a dit qu’il permettra aux Basques de pouvoir décider et qu’il respectera la décision que prendront les Basques sur leur avenir.
À quoi devrait aboutir selon vous le dialogue avec l’ETA ?
Je pense qu’avant d’évoquer quel sera l’aboutissement de ce processus, il y a des mesures urgentes et rapides à prendre afin d’en finir avec cette situation de non-droit, où les prisonniers politiques basques et leurs familles sont condamnés à la dispersion et l’éloignement. Le rapprochement est un droit qui doit être appliqué dès aujourd’hui. C’est la priorité des priorités du moment. Le processus de dialogue, quant à lui, doit aboutir à la libération des prisonniers politiques basques. Cela se fera peut-être en plusieurs temps, mais cela devra arriver. Et en plus des plus de 600 prisonniers politiques basques je pense à ce collectif de personnes qui sont les toutes premières victimes du conflit en Pays Basque, les réfugiés politiques et leurs familles. On parle souvent de victimes, mais on oublie volontairement des centaines et des centaines de familles basques qui ont dû subir les conséquences de ce conflit. Ces victimes comme toutes les autres victimes du conflit nécessitent une solution rapide et digne.
En plus des relations avec l’ETA, Zapatero a également évoqué un espace politique de dialogue entre les représentants de la société basque, partis politiques et mouvements sociaux.
Aujourd’hui, tout le monde admet que le conflit politique en Pays Basque ne se résoudra pas tout simplement en libérant les prisonniers politiques basques. S’il y a un conflit politique, il faudra une solution politique. Et pour trouver cette issue politique, tous les partis politiques devront se mettre autour de la table afin de trouver un accord.
On parle d’une table, de deux, voire de trois tables...
En effet, on pourrait parler de 10, 20 ou 40 chaises également, mais cela n’est pas le plus important. L’important est de trouver un espace de rencontre. Un espace de rencontre qui est aujourd’hui possible parce que la situation a changé en Pays Basque, même si, en face, la répression est toujours en vigueur et le verrouillage des partis reste très ancré aujourd’hui. Mais cette nouvelle situation demandera des positions nouvelles et changera les comportements des acteurs du Pays Basque et au-delà. Il s’agira alors de discuter des projets viables que chacun propose pour l’avenir du Pays Basque. Les partis présents au Pays Basque sud le feront vis-à-vis de l’Espagne, et nous aussi nous devrons le faire, ici, vis-à-vis de la France. Parce que la France a sa responsabilité dans le conflit et a sa part de solution du conflit. Quel projet d’avenir avons-nous pour le Pays Basque, nous, partis présents en Pays Basque nord, et quelle solution démocratique donnons-nous aux différentes aspirations, quels sont les projets communs à développer, etc... chacun devra exposer ses propositions.
Pourtant les représentants de certains partis français semblent ne pas bouger d’un iota, ce conflit ne concernant, pour eux, que l’Espagne...
Une situation qui tend vers la paix, qui va vers la résolution du conflit, changera les discours, et tous les partis politiques devront tôt ou tard présenter des projets valables sans rester en retrait.
suite: http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20060701/art171165.php |
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