FPL:Forum des Peuples en Lutte

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 L'histoire d'ETA

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Ghjuvà
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MessageSujet: L'histoire d'ETA   Dim 9 Aoû - 1:51

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Ekintza
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MessageSujet: Re: L'histoire d'ETA   Lun 17 Aoû - 16:48

Citation:
Pays Basque Info

Le cancer et l’aspirine

Parler du dialogue comme la solution au problème basque est une erreur, estime le ministre espagnol de l’Intérieur. « C’est comme si quelqu’un est atteint du cancer et prend une aspirine. C’est ça ce qu’il faut expliquer, et il faut le faire au Pays Basque ; et ceux qui demandent maintenant le dialogue, qu’ils dépensent leurs forces à convaincre les autres de laisser les pistolets et les mitraillettes ». Ainsi s'exprimait Alfredo Pérez Rubalcaba à propos des récents mouvements existants au sein de la gauche abertzale en faveur d’une initiative souverainiste, lequel représenterait le premier pas d’un processus de dialogue politique.

En effet, le mouvement indépendantiste a mené ces dernières années une réflexion interne qui a abouti à ce pôle souverainiste censé fédérer les énergies existantes au Pays Basque en faveur d’un processus de résolution du conflit. « L’instrumentalisation du pouvoir judiciaire pour neutraliser la gauche abertzale et l’usurpation non-démocratique des différentes institutions » représentent les derniers pas de la stratégie de l’Etat espagnol, selon la gauche abertzale. Une stratégie qui « affaiblit la masse critique souverainiste (…) atomisée d’un point de vue organisationnel et neutralisée d’un point de vie politique (…) ». Dans une tribune d’opinion publiée récemment dans la presse, le leader de la gauche abertzale Arnaldo Otegi a reconnu l’efficacité de la stratégie dessinée par Madrid. Tout en précisant qu’elle ne va pas dissoudre les raisons profondes qui font que « ce peuple continue de s’organiser en faveur de ses droits nationaux et démocratiques », l’ancien interlocuteur de la gauche abertzale avec le gouvernement espagnol a avoué que le mouvement souverainiste « maintient un certain niveau de résistance, mais sans développer les forces et les propositions permettant, aussi de façon individuelle que collective, de libérer et d’organiser les énergies au service d’une stratégie de libération nationale et sociale efficace ».

Pour déjouer cette stratégie, la gauche abertzale historique ainsi que d’autres mouvements qui rentrent aussi dans les paramètres abertzale et de gauche, vont impulser à partir de septembre une vaste action politique visant à débloquer l’impasse actuelle. « Après 30 ans de bataille pour empêcher l’assimilation-intégration du sujet national basque dans le modèle territorial espagnol, le moment est arrivé de mettre en œuvre les instruments qui nous permettent d’avancer vers une autre phase politique », estime Arnaldo Otegi. « L’indépendantisme a la force et la masse sociale, la militance et l’engagement, et l’alternative politique pour se constituer dans un espace déterminant et dépasser le blocage actuel en avançant vers un scénario de paix et de démocratie en Euskal Herria (Pays Basque) ».

« Notre engagement avec le Pays Basque et ses droits, notre regard mis sur nos objectifs stratégiques, nous permettent de modeler notre pari politique en le mettant au service d’une société basque qui souhaite un changement, qui souhaite gagner un scénario de reconnaissance et de droits, de paix et de cohésion sociale dans le respect de la nation basque ».

Ce n’est qu’en automne que la nouvelle stratégie d’un pôle souverainiste prendra de la force, avec la volonté d'une « réouverture d’un processus de dialogue et de négociation » auquel l’ETA serait appelée tout comme le gouvernement espagnol. L’organisation armée aurait, après un processus de débat mené sur plusieurs mois, accepté l'idée de contribuer à la mise en place d’un nouveau processus. Le gouvernement espagnol, par contre, ne veut rien entendre. L’idée force reste toujours la même : pas de dialogue. Les autorités espagnoles estiment que le seul problème c’est l’ETA ; la gauche abertzale au contraire défend que la violence d’origine politique, celle de l’ETA mais aussi celle de l’Etat, ne sont que les symptômes d’une maladie qui n’est autre que le refus de Madrid à accepter que le Pays Basque puisse décider librement de son propre avenir.

Comme l’affirme M. Rubalcaba, on ne soigne pas un cancer avec de l’aspirine. Ni en traitant comme un cancer une maladie qui n’a rien à voir avec un carcinome.

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Ekintza
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MessageSujet: Re: L'histoire d'ETA   Mar 18 Aoû - 17:34

Citation:
http://www.liberez-les.info/

Communiqué n° 449

Écrit aujourd'hui à 12h57

QUAND LE SILENCE REND AVEUGLE !


Les samedi 7 et 15 août 2009, la Ertzaintza (corps spécial de police basque composée de basques et d’espagnols opposés à l’idée d’indépendance du Pays Basque) a réprimé violement des manifestations interdites organisées par Etxerat composé par les associations des familles de prisonniers, proches de la gauche abertzale (gauche indépendantiste basque). L’ertzaintza peut être comparée au Magav israélien, car se sont des personnels recrutés sur une base idéologique au service des intérêts d’une minorité bourgeoise liée à la religion.

Le 15 août, de nombreuses personnes, jeunes, femmes, âgées ont été violement agressées et frappées à la tête, un homme de 85 ans a été gravement blessé par une balle en caoutchouc, il y a eu des dizaines d’arrestations.

Pourtant, vous et nous, avez regardé ou écouté au minimum une fois les informations radio ou télévisées depuis deux jours, et pourtant ces actes barbares ont été placés sous silence… Pourquoi ?

Pourquoi les média (non présents sur place) insistent-ils depuis des mois sur la violente répression en Iran à l’issue des élections, ou sur la répression dans les provinces chinoises du Xinjiang et du Tibet, ou sur les atteintes aux droits de l’homme (et de la femme) en Russie et en Ukraine… ? Et pourquoi les média (présents sur place) ignorent-ils la répression violente contre des personnes de toutes générations et de tous sexes, qui manifestent pacifiquement au Pays Basque pour exiger que les prisonniers-es politiques basques soient rapatriés au Pays Basque (certains sont à plus de 1000 kms) ? De plus, la Ertzaintza s’en est aussi violement prise aux supporters du club de football de la Réal Sociedad qui sortaient du stade de Donostia (San Sebastian).

Certains se diront que de s’attaquer d’une telle manière aux média est suicidaire, que les journalistes sont indépendants des pouvoirs et des partis, que les rédactions traitent les priorités… mais qu’en est-il en vérité ?

La « petite culotte » de Madonna dans un concert raillé par les fascistes polonais est elle plus importante que la vie d’un homme de 85 ans atteint d’une balle tirée par un milicien aux ordres d’une idéologie qui a fait des centaines de milliers de morts pendant 40 ans, le franquisme. Cette répression au Pays Basque n’est pas un simple fait divers, pourtant elle n’est même pas traitée comme un fait divers puisqu’elle est complètement ignorée (et pourtant nous avons cherché l’info).

Depuis quelques années, la répression policière et sa violence, dans les divers pays qui composent l’Europe, deviennent des actes banalisés, à peine traités dans la rubrique des « chiens écrasés ». Ainsi, cette banalisation de faits graves qui s’abattent sur nos « démocraties occidentales moralisées et de libre expression », agit subjectivement sur les esprits et les consciences : car quoi de plus normal que d’intervenir contre une manifestation qui n’a pas été autorisée. Par contre, quel tapage médiatique quand il s’agit de pays hors d’Europe, là où « il n’y a ni démocratie ni droit d’expression, là où la presse est verrouillée par des pouvoirs religieux, nationalistes ou même des communistes »…

Que Chavez ou Correa ferment des radios, interdisent des journaux, qui pourtant nuisent à l’intérêt général d’un peuple et d’une nation souveraine est un scandale planétaire « le droit d’opposition », mais qu’un parti politique « Batasuna » soit interdit d’exister parce qu’il n’est pas en phase avec l’idéologie dominante est tout à fait normal « le Pays basque n’est il pas déjà autonome ? ».

Que l’ETA, une organisation clandestine nationale populaire, socialiste, laïque et indépendantiste soit mise dans la même catégorie qu’Al Qaïda, une organisation créée par les USA, fasciste et intégriste, est une chose normale, « ce sont des terroristes ». Que l’Ertzaintza réprime maintenant avec des balles une manifestation pacifique de milliers de personnes intimement liées à l’indépendance de leur Patrie colonisée, devient donc normal, puisque ces manifestations sont désormais interdites par le pouvoir central de Madrid, les juges de l’Audience Nationale et le gouvernement basque en place élu démocratiquement (après l’interdiction des listes indépendantistes, faut il le rappeler).

On est ainsi entré dans la normalité de la répression et de l’interdiction : une répression juste dans l’espace Schengen, une interdiction juste dans un espace fédéral, mais une répression et des interdictions injustes quand elle est hors de cette frontière inventée et dessinée il y a quelques années pour les intérêts impérialistes européens.

Depuis quelques semaines, ETA frappe les intérêts espagnols. 9 bombes déclarées, 6 qui ont fait des dégâts importants, 3 morts… et ce malgré des services secrets, de renseignements et antiterroristes dans l’indicateur rouge depuis plusieurs mois des deux côtés de la frontière. Le chef du service spécialisé dans la lutte contre l’ETA abattu, une caserne de la Garde Civile détruite, deux policiers morts, et l’ile de Majorque ciblée alors que c’est le lieu même de villégiature de la famille royale, et le tout dans le mois où le CIO (comité organisateur des jeux olympiques de 2016) venait visiter les installations sportives et examiner le projet espagnol.

Pour le gouvernement social-démocrate espagnol de Zapatero, et son Ministre de l’Intérieur Perez Rubalcaba, ces mois de juillet-août sont signes de défaites politiques qui vont laisser des traces, donc une haine renforcée contre la résistance civile et les combattants armés. Mais cette stratégie de la tension et de la fermeture, c’est le choix de l’Etat espagnol et de son gouvernement, c’est à eux de prendre leurs responsabilités pour revenir à la table de négociations, le dernier communiqué de l’ETA ne peut être plus clair.

En effet comment a-il-été possible que des commandos, d’une organisation qualifiée de mourante et d’isolée, dont les n°1 et les chefs militaires ont été arrêtés à grand renfort de médiatisation durant les derniers 18 mois, peuvent ils agir d’une manière opérationnelle à plusieurs endroits d’un pays, dans des lieux hautement protégés et sur des personnes sous haute surveillance vu le contexte actuel ? Cela ne peut être qualifié que « d’exceptionnel » pour une organisation qu’on dit « mourante et d’isolée ». Ces opérations militaires contre les intérêts espagnols et la politique de refus et d’ignorance du gouvernement espagnol, sont préparées avec une grande minutie et ce sans faire de victimes civiles innocentes.

Elles ne peuvent être mises en action que par des militants préparés à cette forme de lutte où seuls les intérêts espagnols sont visés. C'est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’actes aveugles et meurtriers sur des cibles civiles, mais d’actes militaires perpétrés par des révolutionnaires (au sens marxiste du terme) sur des cibles militaires. Dans le cas des restaurants, il y a eu appel téléphonique 20 mn avant les mises à feu, permettant l’évacuation des lieux ou le désamorçage. Ce qu’il faut donc espérer, c’est que dans sa haine, en cas de prochaine fois, la police décide d’ignorer l’appel téléphonique, ce qui créerait des victimes civiles, donc inéluctablement un renforcement d’une haine déjà bien présente à l’égard des indépendantistes basques dans un pays qui vénère encore son caudillo.

Aujourd’hui, il est évident que le gouvernement espagnol n’a d’autre choix que de renouer avec le dialogue politique, mais avec qui puisque Batasuna a été interdit. Il doit le faire, même si l’actuel président de la province autonome basque, Patxi Lopez refuse toutes discussions et met en application les directives de l’Audience Nationale qui interdit toute manifestation indépendantiste. Même toute photo des 740 militants-es basques actuellement emprisonnés-es sont désormais interdites dans les lieux militants. La haine du caniche Lopez est si forte, à cause de la défaite de son autorité, qu’il en bave au point de prendre des mesures de rétorsion contre son propre peuple, en envoyant ses chiens de garde contre tout rassemblement en lien avec les indépendantistes et les collectifs de soutien avec les prisonniers.

A cela beaucoup vont rétorquer « mais ETA a tué plus de 800 personnes, ils sont violents », oui, car la violence appelle la violence. Il faut rappeler qu’il s’agit d’une guerre d’indépendance, et les 800 morts étaient pour 98% des soldats ou des miliciens qui servaient les intérêts du colonisateur espagnol, et tous connaissaient les risques de leur engagement contre ETA.

Mais combien des 740 militants basques emprisonnés, aussi conscients de leur engagement dans le combat pour l’indépendance du Pays Basque, vont-ils mourir en cellule, car condamnés pour certains à 800 ans de prison, combien de ces militants révolutionnaires viendront s’ajouter aux 25O morts basques, déclarés « mort au combat » ou assassinés depuis 1959.

36 ans après la mort de Franco, la même agressivité contre la gauche indépendantiste basque est encore forte de la part de la bourgeoisie basque inféodée à l’Etat Espagnol, nous avons dernièrement mis en avant les services secrets espagnols qui avaient infiltrés Cuba pour surveiller des réfugiés politiques basques ou les traques contre les soutiens ici en France.

Mais le phénomène est partout, car les années n’ont pas atténué la vengeance et la haine encore marquante contre les mouvements révolutionnaires des années 70/80 qui ont frappés durement les intérêts et les miliciens des bourgeoisies européennes, mais aussi les intérêts impérialistes, colonialistes et sionistes de par le monde.

En Espagne, en France, en Italie, en Allemagne, en Israël, aux USA… comme au Chili, en Argentine, en Afrique du Sud… la répression violente n’a jamais fait reculer totalement les masses et leurs organisations révolutionnaires ou progressistes. Toutes les nations capitalistes et colonisatrices, toutes les alliances impérialistes ne pourront jamais abattre par la répression, la dictature, le silence, la haine de classe… le droit des Peuples à s’autodéterminer et à obtenir la souveraineté.

Le Peuple Basque, comme tous les peuples historiques qui l’exigent, a ce droit à l’autodétermination et à la souveraineté inaliénable dans une Etat libre qui ne subit pas le joug de la bourgeoisie et des colonisateurs… et des religieux à leur solde.

Voilà pourquoi tous les progressistes et les communistes du monde doivent accepter et comprendre qu’il ne s’agit pas de terrorisme mais de lutte armée à mort qui oppose un colonisé et un colonisateur, c'est-à-dire qu’il s’agit d’un conflit militaire pour l’indépendance, la liberté et le socialisme que le Peuple Basque obtiendra à moyen ou à long terme, mais qu’il va obtenir.

Le comité « Libérez-les ! » s’est toujours positionné du côté des prisonniers et des réfugiés politiques, du côté des peuples asservis et colonisés, du côté de la classe opprimée et bafouée… nous soutenons la Résistance basque comme nous soutenons la Résistance palestinienne, kurde, kanake ou mapuche… et leurs combattants et militants !


Il n’y a pas de pire torture pour un peuple,

que d’être colonisé et asservi !

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Ekintza
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MessageSujet: Re: L'histoire d'ETA   Jeu 20 Aoû - 14:18

Citation:
Le JPB
Sujet à la une

Pourquoi la résolution du conflit basque a-t-elle échoué en 2007?

20/08/2009

Clémence LABROUCHE

Pour sa dernière conférence de l'été à Ostabat, Haize Berri avait fait le choix d'organiser mardi dernier une table ronde autour de l'épineuse question de la résolution du conflit basque. Outre les acteurs politiques locaux impliqués dans cette résolution, l'association a eu l'excellente idée d'inviter Jean-Pierre Massias, Professeur de droit public, Expert auditionné auprès du groupe de soutien au processus de paix au Pays Basque de Parlement Européen et de l'Otan. Revenant sur ses recherches universitaires relatives aux raisons de l'échec de la négociation, le Professeur a offert à son auditoire une analyse subtile, loin des clivages stériles traditionnels. Après avoir contextualisé le conflit, il opte pour trois questions essentielles : Pourquoi négocier ? Comment négocier ? et Jusqu'où négocier ?

L'intérêt de «négocier» tout d'abord. Si les acteurs s'accordent sur la nécessité de «négocier», il semble exister une dissonance cognitive dans les schèmes des différents acteurs. Autrement dit, derrière le signifiant «négocier» les acteurs y voient un signifié différent. Pour exemplifier, c'est un peu comme si derrière le mot «chêne» certains imaginaient le chêne de Gernika quand d'autres pensent «industrie forestière». Pour le gouvernement espagnol, la négociation représente un moyen d'obtenir la disparition d'ETA avec éventuellement quelques concessions politiques. Pour la gauche abertzale, la négociation est au contraire un moyen d'obtenir un certain nombre d'avantages politiques qui pourraient éventuellement entraîner la disparition de la lutte armée.

Devant ces dissonances, le conflit basque se caractérise par une multiplication de phase de négociations et d'échecs. Or, ce processus cyclique n'est pas, selon lui, «favorable à la résolution du conflit». Il en devient presque une sorte d'habitude ritualisée, où l'enjeu de trouver une solution est parfois purement et simplement niée.

Jean-Pierre Massias rappelle à ce propos que durant le processus d'Alger menée en 1989 sous l'autorité de Rafael Vera, (l'un des principaux instigateurs du GAL), ce dernier aurait averti : «on essaie de négocier parce que même si nous ne parvenons pas à un accord, on va diviser la gauche abertzale entre ceux qui accepteront la négociation et qui ne l'accepteront pas». Actuellement, les acteurs ne se situent donc pas dans la négociation de rupture.

Pour Jean-Pierre Massias, la négociation ne doit par ailleurs pas intervenir à n'importe quel moment. Pour lui, le moment où les deux camps comprennent qu'ils ne pourront pas gagner, représente le rapport de force idéal.

Comment négocier ?

Aujourd'hui, on assiste à une négociation asymétrique. La loi sur les partis politiques qui interdit Batasuna, votée par le gouvernement espagnol, est une loi «applicable et efficace» dans la mesure où elle est une gêne pour la gauche abertzale. Mais elle s'avère aussi être gênante dans le processus de négociation.

Le professeur de droit interroge alors son auditoire : «Avec qui voulez-vous négocier quand les personnes avec qui vous devez négocier sont susceptibles d'aller en prison et que vous, vous êtes susceptibles d'aller en prison quand vous négociez avec eux» ? (Référence faite au recours en justice d'Ibarretxe pour avoir négocié avec Arnaldo Otegi). À ce moment-là du processus, la «victoire à court terme se transforme en problème à long terme» souligne le Professeur.

La technique de négociation suppose au contraire de favoriser le dialogue entre les deux camps. Pour ce faire, l'Expert préconise la présence de médiateurs. Mais, attention, à l'instar de Bill Clinton dans le conflit irlandais, il doit s'agir de médiateurs ayant une légitimité qui dépasse le cadre technique, des médiateurs avec des capacités d'influence réelles.

Au niveau de l'organisation de la négociation, fixer le calendrier reste un impératif. Pour l'auteur, il ne s'agit absolument pas «d'une question de préséance». De manière pragmatique, si la table militaire est choisie, cela signifie que les militaires ne disposent plus de moyens de pression pour influer sur la table politique. Dans le cas inverse, le résultat de la résolution militaire est assujetti à la résolution politique. Deux conceptions radicalement opposées, donc. D'après Jean-Pierre Massias, c'est «là que le bas blesse ! C'est un problème de philosophie de la négociation, un problème de confiance».

Jusqu'où négocier ?

Enfin, négocier c'est parler avec son meilleur ennemi. L'orateur rappelle à ce propos : «Quand on négocie, on négocie avec ceux que l'on n'aime pas, avec ceux contre qui l'on se bat». Le discours «on ne négocie pas avec les terroristes» s'avère donc stérile.

Négocier signifie aussi trahir : accepter d'aller à la négociation en faisant «des concessions pour lesquelles certains de mes camarades sont morts et/ou sont emprisonnés». L'acceptation de cette trahison, que l'auteur concède bien volontiers déchirante, est pour lui le seul moyen de parvenir à une vraie rupture. Aussi, le gouvernement espagnol doit assumer la négociation sans imposer des limites préalables. «Quand on veut fermer la porte de la violence, il faut ouvrir la porte de la politique».

Pour finir, pour l'Expert, négocier doit rythmer avec «oser». S'engager dans un processus de discussion, de «concessions réciproques» dans lequel l'individu n'a pas l'assurance de pouvoir trouver une solution.

Pour conclure, Jean-Pierre Massias estime que seule la négociation peut amorcer un processus de réconciliation dans une société basque traumatisée : «Cet échec-là, ce n'est pas le retour à la case de départ, c'est le retour à la case N-1. Quand vous échouez dans un processus de paix, non seulement vous n'avez pas résolu le problème, mais en plus vous avez un nouveau problème : la perte de confiance».

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