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 Procès basé sur la torture à Madrid

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Ekintza
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Date d'inscription: 16/05/2008

MessageSujet: Procès basé sur la torture à Madrid   Lun 1 Juin - 16:21

Citation:
Le JPB
Pays Basque

La torture sur le banc des accusés


27/05/2009 | Oihana Llorente

Oihana LLORENTE



Douze prévenus d'Araba, dont Unai Romano, prendront place demain sur le banc des accusés. Ils devront y répondre d'«appartenance à ETA». La photo du visage tuméfié de Romano est toujours entre les mains des juges de Strasbourg qui ont été saisis de l'affaire après que les instances judiciaires espagnoles l'aient rejetée.

C'est demain que débute à l'Audience Nationale de Madrid le procès des douze accusés d'Araba. Les accusations des magistrats espagnols contre ces citoyens basques remontent à 2001, lorsque la Guardia Civil a lancé une opération policière qui a abouti à l'arrestation et la garde à vue d'une vingtaine de personnes, ainsi qu'à la comparution volontaire de neuf autres. L'ombre de la torture plane sur toute l'opération. Et si la société basque se souvient si bien des faits, c'est que la photo du visage abîmé d'Unai Romano qui a circulé à l'époque a durablement marqué les esprits.

Romano est l'un des hommes arrêtés lors du coup de filet. La photo a été prise lors de son transfert à la prison. Il venait de passer quelques jours en la compagnie exclusive de la Guardia Civil. Son cas n'est pas unique. La majorité des détenus interpellés lors de l'opération dénommée 15/02 a dénoncé avoir été victime de tortures et de mauvais traitements au cours des interrogatoires.

L'opération qui a débuté à l'été 2001 et s'est poursuivie toute l'année par des dizaines d'arrestations, de perquisitions et de descentes jusqu'au gaztetxe de Gasteiz, a semé la panique au Pays Basque sud. Les arrestations s'enchaînaient à partir des déclarations que les personnes interpellées étaient contraintes de faire lors de leurs gardes à vue, méthode qui conduisait chacune de leurs connaissances à se retrouver dans la ligne de mire des autorités. Il est intéressant de souligner que ceux qui ont dénoncé des tortures au cours de leurs interrogatoires ont été remis en liberté peu de temps après leur arrestation sans comparaître devant un juge. Les incarcérations ordonnées par le tribunal spécial suivaient aussi la méthode de l'auto-inculpation. Des Gasteiztar comme Susan Atxaerandio, Juan Antonio Cortes, Jokin Zerain ou Zigor Bravo ont été arrêtés et incarcérés quelques jours après s'être spontanément présentés au juge et être ressortis libres de son bureau.

De Madrid à Strasbourg

Les personnes interpellées ont régulièrement évoqué des coups portés avec la paume des mains, des bâtons ou des annuaires téléphoniques, des simulations d'asphyxie au moyen de sacs en plastique, l'application d'électrodes et l'épuisement physique. Ils ont également raconté les méthodes de torture psychologique, les menaces, les insultes, les humiliations sexuelles verbales, les attouchements. Ils ont rapporté qu'on les avait obligés à rester nus ou qu'on leur avait proposé de collaborer avec les FSE. Les témoignages étaient concordants, malgré le fait que leurs auteurs n'avaient pas communiqué entre eux durant leurs interrogatoires. Leurs plaintes ont été pour la plupart classées sans suite dans les deux ans qui ont suivi. Cinq seulement ont fait l'objet d'une enquête. Seules celles de Subijana et de Romano ont réellement été considérées, mais malgré la photo du visage de Romano tuméfié par les coups et les marques laissées sur Subijana, elles ont finalement été abandonnées. Après avoir saisi en vain toutes les instances judiciaires espagnoles, Romano a porté son cas devant la Cour européenne des Droits de l'Homme en octobre dernier, dont il attend maintenant les conclusions.

Aujourd'hui, huit ans après les faits, douze prévenus d'Araba seront demain sur le banc des accusés et devront répondre d'«appartenance à un groupe armé», délit pour lequel chacun encourt six ans de prison à la demande de la Fiscalia. Une demande particulièrement significative. Les prévenus avaient tout d'abord été accusés de «collaboration avec un groupe armé», certains de kale borroka. Cinq ans plus tard, en 2006, il a été décidé qu'ils comparaîtraient pour «appartenance», une requalification qui augmente la peine qu'ils encourent, tandis que les hommes qu'ils accusent de les avoir torturés n'ont pas été inquiétés.

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Procès basé sur la torture à Madrid

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