Ghjuvà Admin

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 | Sujet: Zapatero officialise son dialogue avec les séparatistes basq Ven 30 Juin - 14:02 | |
| | Citation: | vendredi 30 juin 2006, 9h15
MADRID (LatinReporters.com) - "Le gouvernement va ouvrir un dialogue avec l'ETA" a annoncé jeudi à Madrid le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. Critiqué par l'opposition conservatrice, le chef de l'exécutif officialise ainsi les contacts discrets déjà noués au nom de la paix par les socialistes avec les indépendantistes basques, en trêve "permanente" depuis le 24 mars.
Selon M. Zapatero, le dialogue respectera "le principe irrévocable de ne résoudre les questions politiques qu'avec les représentants légitimes de la volonté populaire". Donc, sous-entendu et théoriquement, seuls le sort des prisonniers (près de 700 "etarras" dans les geôles espagnoles et françaises) et les modalités d'un adieu aux armes seraient au menu des pourparlers avec l'ETA.
Et si, dans le cadre "d'un grand accord de coexistence politique", le gouvernement espagnol "respectera les décisions qu'adopteront librement les citoyens basques", ce sera, selon M. Zapatero, dans le respect aussi "des normes et procédures légales" et en particulier de la Constitution. L'euphorie manifestée aussitôt par des personnalités nationalistes et indépendantistes basques ne s'embarrasse pas de cette condition, ce qui laisse prévoir de prochaines et sérieuses difficultés.
En principe, le garde-fou constitutionnel s'opposerait aux deux revendications principales des séparatistes basques: le droit à l'autodétermination et la reconnaissance d'une "territorialité" unissant Pays basque espagnol, Navarre et Pays basque français. Ces deux revendications firent échouer les tentatives précédentes de négociation entre l'Espagne et l'ETA.
José Luis Rodriguez Zapatero a insisté sur sa volonté de maintenir la polémique "Loi des Partis". Elle permet de déclarer hors-la-loi les partis politiques qui ne condamnent pas expressément le terrorisme. Batasuna, vitrine politique de l'ETA, n'a ainsi plus d'existence légale depuis 2003.
"J'ai répété plus d'une fois que le processus [de paix] sera long, dur et difficile. Nous l'aborderons avec décision et prudence, unité et loyauté et en respectant toujours la mémoire des victimes" a précisé le chef du gouvernement.
S'exprimant sous la forme d'une "déclaration institutionnelle" lue aux journalistes dans un salon du Parlement, alors qu'on attendait plutôt sa comparution en séance plénière du Congrès des députés, M. Zapatero a sans doute voulu éviter, sous les projecteurs des médias, un feu nourri du Parti Populaire (PP, opposition conservatrice). Ce dernier redoute la vision fédéraliste de M. Zapatero, qui a pourtant laissé sur leur faim, du moins jusqu'à présent, les indépendantistes radicaux basques et catalans.
Réagissant à l'annonce de M. Zapatero, l'influente Association des victimes du terrorisme (240.000 manifestants le 10 juin à Madrid contre la négociation avec l'ETA) accuse le président du gouvernement de "légaliser les assassinats des terroristes". Le mot "trahison" est prononcé.
Le président du PP, Mariano Rajoy, confirme, lui, son refus de cautionner un processus "illégal, immoral et inefficace" qui, croit-il, dérive vers une négociation politique avec les terroristes.
M. Rajoy en veut pour preuve la prochaine réunion, cautionnée par le chef du gouvernement, entre les socialistes basques et la direction de Batasuna. Une réunion nécessairement politique, puisque Batasuna, même hors-la-loi, revendique son statut de parti politique. Or, rappelle Mariano Rajoy, une sentence du Tribunal suprême a établi que Batasuna est une composante de l'ETA.
A ce propos, une première suspension judiciaire de Batasuna, prononcée en août 2002 par le juge Baltasar Garzon, célèbre persécuteur de l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, se basait sur "la relation instrumentale, de subordination hiérarchique" de Batasuna à l'égard de l'ETA. Recensant alors 836 morts et 2.367 blessés lors de 3.391 attentats depuis 1968, le juge Garzon rendait Batasuna coresponsable des "crimes contre l'humanité" perpétrés par les commandos séparatistes basques.
Mariano Rajoy et son PP, qui représente quelque 40% des Espagnols, soupçonnent le gouvernement socialiste de M. Zapatero, malgré ses assurances quant au maintien de la "Loi des Partis", de préparer le retour en grâce de Batasuna. Et même si négocier avec cette formation serait en somme négocier avec l'ETA, M. Zapatero pourrait alors, prédit le PP, tenter de faire croire qu'il respecte sa promesse de "ne résoudre les questions politiques qu'avec les représentants légitimes de la volonté populaire".
Batasuna mettait au début de la semaine de l'huile sur le feu, affirmant que "l'ETA garantira" les décisions que prendront les Basques à propos de leur futur dans le processus favorisé par M. Zapatero. Batasuna ne bluffait sans doute pas, s'il est vrai qu'on ne peut trouver meilleur garant que soi-même...
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| Citation: | M. Zapatero a annoncé officiellement l’ouverture des négociations avec l’organisation ETA M. Zapatero annonce le début du dialogue avec l'ETA, la paix à la clé ·"Je prends la responsabilité de satisfaire le désir de paix des citoyens et l'exigence du respect de la mémoire des victimes". "Le gouvernement respectera les décisions que prendront les citoyens basques, dans le respect des procédures légales"
Le chef de l’exécutif espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, a annoncé hier devant la presse au congrès des députés que son gouvernement "va commencer un dialogue avec l’ETA", organisation armée qui observe depuis le 24 mars un "cessez-le-feu permanent". Après plusieurs reports et des semaines de spéculations sur la forme de cette annonce, le leader socialiste espagnol a finalement fait sa déclaration au dernier jour d’activité parlementaire, aux portes des vacances estivales des députés.
Des vacances au cours desquelles le gouvernement va entamer des pourparlers avec l’ETA qui vont porter sur la démilitarisation et sur le sort des membres de l’organisation et de celui des prisonniers politiques basques. Concernant ce dernier point, le rapprochement voire le regroupement des détenus au Pays Basque devrait commencer à être une réalité dans les prochains mois.
Mais rien de cela n’a été abordé hier par le président espagnol. José Luis Rodriguez Zapatero a limité son intervention à situer dans un contexte d’opportunité politique sa décision de dialoguer avec l’ETA. "Sous les auspices de la résolution adoptée par le Congrès des députés en mai 2005 que le PPavait refusée, je souhaite vous annoncer que le gouvernement va entamer un dialogue avec l’ETA en maintenant le principe irrévocable selon lequel les questions politiques ne se résolvent qu’avec les représentants légitimes de la volonté populaire", a-t-il déclaré.
"La démocratie ne paiera aucun prix politique pour atteindre la paix", a-t-il affirmé, sans préciser à quel moment et sous quelle forme son gouvernement entamerait ses contacts avec l’ETA. Selon certains analystes proches du PSOE, dans la délégation choisie par M. Zapatero pour dialoguer avec l’ETA il n’y aurait pas de membre du gouvernement, mais des "personnes très proches" du président.
Dans la continuité
José Luis Rodríguez Zapatero a réitéré sa confiance dans la volonté de l’ETA de renoncer définitivement à la violence, soulignant que l’organisation avait "pour la première fois de son histoire" annoncé un "cessez-le-feu permanent", "après trois années sans attentat mortel". Le chef de l’exécutif espagnol s’est inscrit dans la continuité des précédents gouvernements, leur rendant "hommage" pour avoir "tenté de bonne foi d’obtenir la paix" au Pays Basque, en référence à deux processus de dialogue direct avec l’ETA lancés par les gouvernements du socialiste Felipe Gonzalez (1989) puis du conservateur José María Aznar (1999) qui avait déclaré qu’au terme du processus de dialogue l’Espagne saurait "être généreuse" avec les membres du "Mouvement de Libération Nationale Basque".
M. Zapatero s’est dit "pleinement conscient du grand désir de paix et de respect de la mémoire des victimes du terrorisme" exprimé par la société espagnole. "En tant que chef du gouvernement, j’assume cette responsabilité", a-t-il dit.
suite: http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20060630/art170969.php |
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