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 la realité Kabyle.

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Kaci
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MessageSujet: la realité Kabyle.   Sam 9 Juin - 15:52

Pour indtroduire brievement la realité kabyle je vous met un texte en esperont que je ne vous assome pas :

Ferhat Mehenni à Munich
M. Ferhat Mehenni, porte-parole du MAK a donné à Munich le 02/05/2007 une conférence sur le passé contemporain de la Kabylie dans le domaine de l’idéologie.

Les erreurs stratégiques de la Kabylie

Je ne connais pas vraiment l’Allemagne et l’Allemagne ne connaît pas particulièrement la Kabylie. C’est d’autant plus difficile pour moi de vous brosser un tableau de ma première patrie sans paraître, d’un côté, banal pour les Kabyles présents dans la salle, et de l’autre, trop loin de l’intérêt que pourraient lui manifester les Allemands qui nous font l’amitié de nous écouter. J’espère que la pertinence de notre exposé n’aura d’égale que la courtoisie avec laquelle vous prenez tous le temps de nous entendre. Nous commencerons par présenter la Kabylie et son peuple avant de nous pencher sur les causes historiques à l’origine des dénis auxquels elle est soumise depuis 1962.

La Kabylie est, aujourd’hui, une région d’Algérie située sur la côte centrale de la Méditerranée. Bien que n’ayant pas de tracé géographique précis, elle couvre une superficie approximative de 35 000 km2. Pays de montagnes au climat tempéré, notre région prêterait volontiers au tourisme en raison de la beauté de ses sites côtiers et de ses reliefs, n’eut été l’opposition traditionnelle des autorités algériennes à son développement économique. Elle possède trois grands centres urbains de plus de 100 000 habitants, Vgayet, Tizi-Wezzu et Tuvirett. Son économie est tributaire du peu de plaines dont elle dispose et de l’humeur des dirigeants algériens qui, sans état d’âme, la sabotent depuis au moins 40 ans. La soupape de sécurité contre le chômage a, de tout temps été, l’émigration dont la destination de prédilection est la France, du fait d’un passé colonial qui les aura réunis un siècle durant (1857-1962).

Les Kabyles sont des Berbères, comme tous les habitants de l’Afrique du Nord que Hegel proposait de rattacher à l’Europe. Aujourd’hui, ils sont toujours choqués que les Européens leur attribuent des identités dans lesquelles ils refusent de se reconnaître. Ainsi, lorsqu’on les assimile à la « communauté arabe » ou à la « communauté musulmane » les Kabyles contemporains sont révoltés. Ils aspirent à se faire respecter dans leur propre réalité kabyle.

Pour nous, l’Europe considère à tort que l’Afrique du Nord est arabe. Même si les États nord-africains s’affirment d’autorité « arabes » pour des raisons de pouvoir et de racisme induits par une aliénation culturelle séculaire, ils n’en sont pas moins, dans leur réalité historique, humaine et culturelle, profondément amazighs (berbères). Ces dernières années, les Kabyles ont aussi pris conscience de leur spécificité vis-à-vis des autres Amazighs, à commencer par celle de la langue qui, tout en étant de même origine que celle de ces Berbères, s’est largement différenciée. Il en est de même sur les plans religieux et culturel. Les Kabyles sont laïcs, contrairement à d’autres peuples berbères, volontiers plus religieux.
Pour mieux comprendre cette situation et savoir pourquoi nous en sommes là, faisons un détour par l’Histoire contemporaine. Notre génération, faisant sa relecture des événements à l’origine du cul-de-sac politique dans lequel elle se trouve se rend compte, aujourd’hui, qu’à l’origine, tout commence en 1926 par une grave méprise, une erreur stratégique par laquelle les Kabyles, en tant que peuple, confient leur destin à autrui.

La Kabylie est une confédération au moment où la France la colonise en 1857. Son ultime révolte de 1871 se solde par une si sanglante défaite que les élites politiques de l’époque en sont traumatisées, au point de croire impossible la défaite de la puissance coloniale française par les seules forces militaires kabyles. Ils partent alors à la recherche d’alliances avec leur environnement immédiat, autochtone et non kabyle. C’est ainsi qu’en 1926, en rêvant à une large coalition nord-africaine contre l’envahisseur, ils créent un mouvement indépendantiste dénommé « l’Étoile nord-africaine » et portent à sa tête, volontairement, un non kabyle, Messali Hadj. Ce geste dicté par des options stratégiques visant à élargir le Front de libération, mais au prix de leur abandon des leviers de commande de cette organisation à leurs nouveaux amis est le point de départ d’un processus ininterrompu d’erreurs stratégiques, d’automise à l’écart du pouvoir et d’autonégation identitaire que nous commençons à peine à endiguer. Nos grands-parents n’auront pas su concilier leur soif de liberté avec leur devoir de kabylité. Ils sacrifient leur identité et leurs droits sur l’autel de leur rêve du moment, alors que rien ne les y oblige. Les vicissitudes de l’histoire, avec, notamment, la trop lancinante douleur de leur humiliante défaite face à la France, ne leur permet pas d’en percevoir la complémentarité. Nous en payons encore le prix. Les morts de 2001 sont, ainsi, en relation directe avec cette option stratégique de 1926 ; il en est de même de la démarche du FFS et du RCD consistant à être les brillants seconds d’un système politique à l’intérieur duquel, ils n’espèrent, dans le meilleur des cas, qu’au strapontin de minoritaire ?

L’aspiration kabyle à la liberté est si puissante qu’une fois canalisée vers l’indépendance de l’Algérie, la Kabylie s’y investit corps et âme, au point d’oublier jusqu’à l’existence d’un peuple kabyle. Sa relation fusionnelle avec l’Algérie aggrave son aliénation identitaire dans un premier temps, et son autodéclassement de pays à région ensuite. Malgré la grave crise politique de 1949 au sein de la seule organisation indépendantiste de l’époque, le Parti du Peuple Algérien (PPA), le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), et qui aurait dû leur ouvrir les yeux sur un avenir dangereux pour leur identité et leur futur statut de minorité « ethnique » ou « régionale », les Kabyles, trop emportés par leur élan nationaliste oublient de remettre en cause leur démarche et leurs convictions en faveur de l’Algérie. Alors que les arabophones n’hésitent pas l’ombre d’une seconde à saborder le mouvement indépendantiste plutôt que de se risquer à donner naissance à une Algérie « berbère », les Kabyles, eux, préfèrent aller vers une Algérie arabe que de renoncer à l’indépendance de celle-ci. Dur est le réveil en 1963.

Au lendemain de l’indépendance algérienne, les Kabyles, à l’image de quelqu’un qui se dégrise, commencent à ouvrir les yeux et perdent un peu de leurs grandes illusions algérianistes. Sous la bannière du Front des forces socialistes de Hocine Ait Ahmed, ils prennent les armes contre le pouvoir arabo-islamiste qui succède au colonialisme français. Trop tard. La Kabylie, déjà trop épuisée par une guerre de libération de plus de sept ans, n’a plus la force de se battre contre une armée fraîchement arrivée de l´autre côté des frontières algériennes où elle n’a jamais engagé de bataille contre les militaires français.
Même à ce niveau de prise de conscience de leur monumental fourvoiement politique antérieur, les kabyles sont incapables de formuler une problématique nationaliste qui leur soit propre. L’idéologie, une fois de plus, est à l’origine de leur bégaiement historique. Le Mouvement national qu’ils portent à bout de bras de 1926 à 1962 est, d’un côté, sous-tendu par le centralisme démocratique, caractéristique des mouvements ouvriers européens desquels il s’inspire, et de l’autre, le centralisme jacobin dans lequel ses fondateurs baignent toute leur vie. Là aussi, les concepts et les armes théoriques leur font défaut, ils ne peuvent éviter de se faire avoir de nouveau, craignant d´être taxés de « séparatistes ». Séparatistes, ne le sont-ils pas, de toutes les façons, aux yeux de leurs ennemis ?

Poussant l’avantage de sa victoire sur la Kabylie, le pouvoir engage, en vain, dès 1965 une politique d’arabisation des enfants kabyles pour en finir avec le germe de l’irrédentisme identitaire local. Pour s’en protéger, les Kabyles sortent de leur tiroir idéologique le concept d’identité berbère au lieu et place de celui d’identité kabyle qui, elle, du moins croit-on, pourrait être férocement réprimée pour sécessionnisme, y compris en 1980, lors du printemps « berbère ». Dans le sillage de nos aînés, nous sommes, à notre tour, incapables de nous assumer en tant que Kabyles. Le fait de se réclamer de l’amazighité (berbérité) nous permet néanmoins de nous abriter derrière un rideau politique contre notre arabisation, notre dépersonnalisation. Comme à notre habitude, nous nous investissons dans la revendication berbère sans trop regarder dans quelle impasse elle nous engagerait. À ce jour, même après le printemps noir de 2001, on trouve chez la plupart des nôtres la revendication de « la langue amazighe, comme langue nationale et officielle », comme une revendication centrale, sans savoir ce qu’elle induirait pour notre propre avenir, vers quel cul de sac, de nouveau, elle nous mènerait

Le massacre par le pouvoir de 120 jeunes kabyles en avril 2001, lors de ce qu´il convient d´appeler désormais « le printemps noir », voit la réémergence de structures étatiques traditionnelles kabyles : les Archs. Leur texte fondamental, « la plate-forme d’El-Kseur » fait de nouveau l’impasse sur l’existence d’un peuple kabyle y compris après la marche historique du 14 juin 2001 où près de trois millions de Kabyles investirent la capitale Alger. Aucun peuple au monde, hormis le nôtre, n’a fait descendre dans la rue le tiers de sa population.

Malgré cela, ce mouvement des Archs s’entête à se présenter comme national et jamais kabyle, régional. Les complexes ont encore la peau dure. Cependant, un début de prise de conscience émerge à travers les 15 points de revendication de cette plate-forme sur la spécificité kabyle. On y remarque, comme un sursaut de l’Histoire pour remettre le fleuve dans son lit quitté pendant 75 ans. En effet, pour une fois, n’y a-t-il pas que des revendications algériennes. On y demande le départ des gendarmes de la Kabylie, ainsi qu’un plan socioéconomique d’urgence pour la région. On y voit même poindre l’ombre d’une revendication autonomiste non explicite à travers celle du « transfert des prérogatives exécutives de l’État aux instances démocratiquement élues »
Le mouvement autonomiste naît une semaine avant cette plate-forme d’El-Kseur. Le 5 juin 2001, pour la première fois, nous revendiquons autant l’autonomie régionale que l’existence d’un peuple kabyle ouvrant droit à la reconnaissance officielle par l’État algérien.

La double commémoration du printemps berbère de 1980 et du printemps noir 2001 marque en 2007 une rupture dans la stratégie de résistance de la Kabylie depuis 1926. Pour la 1re fois, seul le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie appelle à marcher pour l’autonomie régionale. Le slogan de tamazight langue nationale et officielle est évacué au profit d’un État régional kabyle. Le flambeau du combat kabyle éclaire enfin un avenir net et clair. Malgré la répression de nos militants, l’assassinat de mon fils, la mise en faillite pour des raisons politiques d’un haut responsable du MAK ; en dépit de la désinformation et de la censure dont nous sommes victimes de la part, y compris d’acteurs et organisations politiques kabyles qui font le jeu du pouvoir, nous avons réussi le tour de force de réorienter le vent de l’Histoire dans le sens de la liberté du peuple kabyle.

Munich le, 02/05/2007
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Kaci
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MessageSujet: Re: la realité Kabyle.   Dim 10 Juin - 9:39

Une autre realité par le satire:



Citation:
Insi a rendu visite au Quai d’Orsay où il s’est entretenu avec le nouveau ministre des affaires étrangères françaises, monsieur Bernard Kouchner.

Kabyles : quémandeurs de reconnaissance ?

Entretien imaginaire avec Bernard Kouchener


Insi : Ca va monsieur Kouchner ?

Le ministre
: Comme un nouveau ministre.

Insi : Etes-vous toujours pour le droit d’ingérence ?

Le ministre : Ca dépend où.

Insi : En Algérie, par exemple.

Le ministre
: Si le pouvoir algérien le demande, on ira sûrement le sauver.

Insi : Contre qui ?

Le ministre
: Contre lui-même !

Insi
: Ah bon !

Le ministre
: Mais c’est ce que nous avons toujours fait.

Insi
: Et pourquoi vous le faites ?

Le ministre
: Car le pouvoir algérien est notre...

Insi
: Votre quoi ?

Le ministre
: Notre vache à lait.

Insi : Revenons à l’actualité. Le 20 avril dernier vous avez rendu un vibrant hommage à André Mecili, mais vous n’avez rien dit sur les Kabyles, est-ce un oubli de votre part ?

Le ministre
: Je le devrais ?

Insi : Je pense.

Le ministre : Pourquoi donc ?

Insi : Le 20 avril est l’anniversaire du printemps kabyle.

Le ministre : Ah bon ?

Insi
: Vous l’ignorez, monsieur le ministre ?

Le ministre
: Il faut voir ces choses là avec monsieur Aït Ahmed.

Insi : Comment ça ?

Le ministre : Moi, je suis venu parler de mon ami André Mécili.

Insi : Vous aurez pu dire quelque chose sur le printemps noir tout de même !

Le ministre
: Le printemps quoi ?

Insi : Les évènements de Kabylie quand le pouvoir algérien a tué 130 jeunes kabyles.

Le ministre : Quand ?

Insi : Au printemps 2001.

Le ministre : Ah ! C’est vrai. Quand les jeunes brûlaient les voitures... comme en banlieue.

Insi : Alors ?

Le ministre
: Qu’est-ce que vous attendez de moi au juste ?

Insi : Que vous condamniez !

Le ministre : Condamner qui ?

Insi : Le pouvoir algérien.

Le ministre : Vous êtes marrants vous les Kabyles.

Insi : Pourquoi ?

Le ministre : Quand on parle de vous, vous criez à l’ingérence de la France, puis quand on ne dit rien, vous nous accusez de complicité.

Insi
: Que doit-on alors faire à votre avis pour que la France parle de nous comme elle le fait quand il s’agit par exemple de Palestiniens ?

Le ministre
: Ce n’est pas pareil.

Insi : Comment ça ?

Le ministre : Eux, ils savent ce qu’ils veulent et ils le disent haut et fort.

Insi : C’est-à-dire ?

Le ministre : C’est-à-dire... vous dites dans vos discours que vous aimez la liberté, mais dès qu’on vous suggère l’idée d’indépendance, vous pleurnichez en disant : "Mais de quoi vivrons-nous ?"

Insi : A propos ?

Le ministre : Je vous ramènerai du riz (rires).

Insi :C’est vrai. C’est le dilemme de la liberté et du ventre.

Le ministre : Ben, finalement vous êtes aussi attachés que nous à l’Etat algérien et à sa carotte.

Insi
: Mais les Kabyles n’ont jamais connu la carotte.

Le ministre
: C’est ça le drame : vraisemblablement vous êtes attachés au bâton, ma foi.

Insi :A l’opium aussi.

Le ministre : Si vous le dites !

Insi : Vous avez lu la lettre ouverte que le MAK vous a adressée ?

Le ministre : A quoi bon ?

Insi : Pour savoir ce que les Kabyles pensent de vous.

Le ministre : Honnêtement, je m’en moque. Les Kabyles sont sur la marge de l’Histoire. Communauté inexistante. Aucune influence électorale. Aucun lobby financier. Aucun terroriste... Pression zéro, reconnaissance zéro.

Insi : ...

Le ministre : De plus, les Kabyles ont chassé la France d’Algérie et maintenant ils demandent à la même France de les libérer. Tu ne trouves pas ça comique toi ?

Insi : Si.

Le ministre : Comme dirait l’autre : "Un peuple doit se déterminer tout seul."

Insi : ...

Le ministre : Je vous donne un conseil. N’attendez rien de l’extérieur. Les puissances sont les amies des marchands de pétrole. Désolé pour vous les Kabyles, mais c’est comme ça.

Insi : Il paraît qu’un groupe d’autonomistes kabyles vous ont remis, lors de la commémoration de l’anniversaire de l’assassinat de Mécili, un papier pour vous demander de dire un mot sur la Kabylie...

Le ministre : C’est vrai. Et je leur ai même fait un clin d’œil.

Insi : Qui veut dire ?

Le ministre (sourire) : JE VOUS AI COMPRIS.

Propos imaginés par
INSI.

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Ghjuvà
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MessageSujet: Re: la realité Kabyle.   Dim 10 Juin - 10:02

Citation:
Les évènements de Kabylie quand le pouvoir algérien a tué 130 jeunes kabyles.
Au printemps 2001



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Qu'est ce qui s'est passé?
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gaya
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MessageSujet: Re: la realité Kabyle.   Lun 11 Juin - 12:50

Ghjuvà a écrit:
Citation:
Les évènements de Kabylie quand le pouvoir algérien a tué 130 jeunes kabyles.
Au printemps 2001



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Qu'est ce qui s'est passé?

Citation:

Le Printemps Noir, origines et consequences

Les événements sanglants de Kabylie qui avaient débuté en avril 2001 sont ce que désormais l’on appelle communément le « printemps noir » dont la durée a été de trois (03) ans. Déclenchés par l’assassinat d’un lycéen, le 18 avril 2001, dans l’enceinte de la brigade de gendarmerie de Beni-Douala, localité située à 18 km au sud-est de Tizi-Ouzou, on peut en dater symboliquement l’extinction à l’élection présidentielle du 08/04/04. Leurs origines sont à chercher autant dans la nature des relations opposant la Kabylie à tout pouvoir central qui cherche à la réduire et à la dépersonnaliser que dans une manipulation orchestrée par un clan au sommet de l’Etat algérien. En effet, ni les Turcs (du 16e au 19e siècle) qui avaient réussi à construire quelques fortins sur son territoire, ni les Français (de 1830 à 1962) qui l’avaient écrasée militairement, n’avaient pu obtenir sa soumission définitive. La Kabylie restait toujours fidèle à elle-même et prête à repartir à la reconquête de sa souveraineté à chaque opportunité historique qui s’offrait à ses enfants. Son attitude d’aujourd’hui vis-à-vis du régime algérien ne fait pas exception.

Ayant, depuis 1926, porté et nourri le rêve d’une Algérie indépendante qu’elle a enfin réalisé, en 1962, au prix de plus de sept (07) années de guerre et de centaines de milliers de morts parmi ses enfants, la Kabylie s’est retrouvée de nouveau à sa case départ, face à son propre rejeton, l’Etat algérien. Celui-ci ne la traite guère mieux que ses prédécesseurs dont il s’est avéré n’être qu’un simple prolongement. Elle demeure pour lui une rebelle, un « danger pour l’unité nationale », « l’ennemi intérieur » pointée du doigt à plusieurs reprises et donc, la région toute désignée pour servir de bouc émissaire au règlement de n’importe quelle crise politique « nationale », la région sur laquelle se focalisent tous les regards de la haine massivement canalisés par les médias acquis aux thèses du pouvoir contre la différence kabyle. Cette défiance mutuelle s’est traduite par une multitude de faits qui en jalonnent leur parcours commun : une guerre, menée de 1963 à 1965, qui s’est terminée en faveur du régime fraîchement installé par la force des baïonnettes à Alger. Un bras de fer quasi quotidien entre les deux belligérants s’est poursuivi par le biais de multiples politiques d’arabisation qui se sont soldées par le printemps berbère de 1980, le boycott de l’école durant l’année scolaire 1994-1995 et l’introduction de la langue amazighe à l’école. Ce duel permanent entre le pouvoir oppressif et la Kabylie résistante a fait comprendre à certains cercles dirigeants que celle-ci, de par son extrême sensibilité pour tout ce qui touche à sa personnalité, est aisément manipulable par provocation. Ils parvinrent ainsi à leur fin en juin 1998 lorsqu’ils vinrent à en finir avec la présidence du Général L. Zeroual pour mettre à sa place celle de son actuel successeur. Ils suscitèrent des troubles en Kabylie en combinant un effet d’annonce révoltant pour la région, puisque prévoyant la remise en service d’une loi portant généralisation de l’arabisation, et que le malheureux et éphémère président Boudiaf avait enterrée de son vivant, avec l’assassinat du chanteur populaire kabyle Lounes Matoub.

C’est, en apparence, ce qui semble être une tentative infructueuse de réédition du coup d’état de 1998 qui serait à l’origine du printemps noir 2001.Une lutte entre clans au sommet de l’Etat aurait amené l’un d’entre eux à recourir, une fois de plus, à la provocation de la Kabylie pour se défaire de son adversaire. Sauf que, cette fois-ci, les choses ne se passèrent pas tout à fait comme prévu. Des interventions discrètes mais fermes de puissances étrangères auraient fait capoter le processus de destitution de Bouteflika tandis que la Kabylie était déjà à feu et à sang. Trois ans de troubles et d’agitation permanents y ont eu pour bilan, plus de 120 morts, des milliers de blessés dont des centaines de handicapés à vie. Ils ont eu, aussi, raison de l’hégémonie des partis et du mouvement qui y avaient un solide ancrage (FFS, RCD et MCB), l’économie locale y est ravagée par des grèves incessantes et les repères politiques y sont brouillés à tel point que les partis de l’oppression kabyle que sont le FLN et son clone le RND y ont obtenu des municipalités aux dernières élections tenues le 24 novembre 2005. Le mouvement des Archs que d’aucuns ont appelé « mouvement citoyen » et qui a eu une émergence fulgurante après le premier mois de troubles, avait réalisé son haut fait d’armes le plus significatif le 14 juin 2001 à travers une marche organisée à Alger et qui avait mobilisé près de deux millions de citoyens kabyles. La plate-forme d’El-Kseur, du nom de la localité où elle fut adoptée le 11 juin 2001, était avec ses 15 points de revendication le leitmotiv de la Kabylie pendant toute cette période.

En bout de course, nous pouvons résumer le printemps noir et le mouvement des Archs à quelques faits majeurs dont certains sont positifs et d’autres dévastateurs. Incontestablement, ces événements ont redonné cohésion à la Kabylie en la remettant en première ligne face au pouvoir algérien qui, comme sa nature le lui commande, ne sait user que de répression et/ou de corruption. Les sempiternelles et puériles divisions fratricides entre le FFS et le RCD étaient reléguées à l’âge de pierre. Même si la plate-forme d’El-Kseur était loin d’être la panacée au problème kabyle, elle avait eu le mérite de constituer un casse-tête au pouvoir algérien qui ne pouvait l’accepter sans se faire hara-kiri, notamment avec le point 11 qui ne demandait rien de moins que « le transfert des prérogatives exécutives de l’Etat (…) aux instances démocratiquement élues ». La langue amazighe est inscrite dans la constitution comme « langue nationale » depuis mai 2002,croyant faire barrage par une telle avancée à la revendication d’autonomie régionale apparue le 5 juin 2001. Enfin, ce sont les drames vécus par cette partie du pays dans un silence national et international assourdissant qui ont fait prendre conscience, à une poignée de personnes au début, sur la nécessité d’une autonomie régionale et sur l’existence d’un peuple kabyle que, jusque-là, tout niait.

La conséquence la plus grave du printemps noir, après les vies humaines qu’il a coûtées, est le discrédit du politique dans la région. Une fois les partis mis en marge de la société, le mouvement des Archs en est arrivé à se retourner contre lui-même tel un serpent qui se mord la queue. Les démons de la division y ont pris le dessus, mettant en évidence l’inévitable échec d’une organisation humaine horizontale, c’est-à-dire sans hiérarchie. Ceux qui, en dernier recours, y ont pris la grave décision de conclure un pacte de dupes avec le pouvoir algérien et de brader le sang des martyrs contre des avantages personnels ont humilié la Kabylie qui, dès lors, se sent poignardée dans le dos, trahie par ceux-là même en qui elle avait placé toute sa confiance. Elle se met alors à douter de toutes ses élites. A partir du moment où ses partis, ses personnalités en vue, se sont tous servis au lieu de la servir, comment se pourrait-il qu’il existe une exception ? Epuisée par trente six mois de marches, de grèves, de sit-in, de meetings populaires d’anarchie et de gabegie, la Kabylie est aujourd’hui livrée à l’insécurité, la drogue, la prostitution et le banditisme. Démobilisée, elle a besoin de temps pour reprendre ses esprits et ses forces, pour recommencer à espérer en ses enfants qui lui sont toujours restés fidèles.

C’est ce moment de décrue politique qui est choisi par le pouvoir pour tenter d’y planter de nouveau ses banderilles en y envoyant des contingents d’islamistes salafistes afin de réaliser son vieux rêve de l’arabiser par le biais de l’islam et, du coup, la soustraire aux valeurs universelles qu’il confond avec celles de l’Occident chrétien.

La Kabylie ne baisse pas pour autant la garde. Son combat séculaire pour sa souveraineté ne peut être abandonné par elle, et ce malgré des trahisons de quelques uns de ses leaders conjoncturels. Ce combat est à chaque fois repris tel un chant beau et puissant par un passant qui le transmet à d’autres qui, à leur tour l’amplifient jusqu’à devenir celui d’un groupe, celui d’une foule, celui de tout un peuple : le peuple kabyle ! Celui-ci est désormais en marche pour la réalisation de son destin. qu’il ne peut concevoir, aujourd’hui, en dehors de son autonomie régionale.

Même si le « printemps noir » a déjà des lectures différentes, plus ou moins vraies, plus ou moins erronées, il n’en demeure pas moins un pas dans le sens de la liberté tel que l’avait prédit Mouloud Mammeri dans l’interview accordée avant sa mort à Tahar Djaout. Le monde libertaire occidental et une certaine gauche française y avaient cru voir se concrétiser l’une des plus vieilles utopies socialistes et de démocratie anarchiste. Le FFS, en revanche, ne le perçoit toujours que comme instrument ayant servi à le détrôner de sa position dominante en Kabylie. Le RCD, après s’en être servi comme d’une béquille pendant deux ans et demi, avait fini par dénoncer les animateurs des Archs qui s’opposaient à la candidature de son premier responsable aux présidentielles de 2004.

Pour ce qui nous concerne, ces événements sont en fait une révolution politique. Ils marquent le passage d’une vision d’une Kabylie en soi, diluée dans le nationalisme algérien avec lequel elle s’était jusque-là confondue, vers celle d’une Kabylie pour soi. Le document qui en témoigne le mieux est la plate-forme d’El-Kseur. Ses quinze points de revendications sont pour certains de dimension algérienne, comme l’allocation chômage pour tous les Algériens adultes qui ne travaillent pas, la langue amazighe comme 2e langue nationale et officielle, le point 11 déjà évoqué plus haut, une 2e session du baccalauréat de l’année 2001 pour l’ensemble des candidats même s’il n’y avaient que ceux de Kabylie qui étaient concernés par les troubles du printemps noir, et pour d’autres spécifiquement kabyles, tel le départ des gendarmes du territoire de la Kabylie, le plan d’urgence socioéconomique pour la région. C’est donc, avec le basculement d’un siècle à un autre, d’un millénaire à un autre, qu’il y a eu aussi le basculement de l’Histoire de la Kabylie vers l’Histoire du peuple kabyle qu’aucun pouvoir, ni personne, ne peut plus arrêter. Le printemps noir est un accouchement qui s’est fait, comme de tradition, dans la douleur. Il reste au nouveau-né dans un premier temps à grandir et ensuite à postuler à ses droits légitimes. L’Histoire est désormais de son côté.

Par Ferhat MEHENNI


A voir aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_noir
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MessageSujet: Re: la realité Kabyle.   Jeu 19 Mar - 18:27

Une autre info sur la triste réalité des kabyles !
Voilà que les barbus réclament, fatwa à l'appui, une compensation financière pour cause de christianisme en Kabylie:
Et dire qu'on nous dit que l'islam est une religion de tolérance!

« DJIZIA » pour les Kabyles
14 December, 2008 03:27:00
Dans une nouvelle « FETWA », probable source de financement pour les groupes terroristes ; Abou Tourab demande à El Qaïda d’exiger le paiement d'une « Djizia » aux kabyles

Abou Tourab El Djazaïri demande l’exigence d’une « Djizia » sorte de tribut aux habitants de la région de kabylie. Dans sa dernière « fetwa », qu’il a nommée «Essarim, El Batir, âala rikab Naçara El Djazaïr » « Le tranchant, le coupant sur le coup des chrétiens d’Algérie », il précise qu’il est nécessaire d’obliger les habitants de Kabylie à payer un tribut « Djizia » puisqu’ils sont considérés comme chrétiens. Et d’ajouter : « Ce que je propose n’est pas dans le but de dénoncer ce que ces derniers font, mais pour vous informer que Dieu nous autorise d’exiger le tribut « djizia » de ces chrétiens et de leur interdire de montrer les signes de leur religions.
Abou Tourab tente de convaincre pour l’exigence de la djizia même si cela oblige à tuer, justifiant leurs christianité par l’existence de débit de boissons alcoolisées dans les régions de Bejaia.
Cette nouvelle fetwa est une source de financement pour les groupes terroristes, après le tarissement de toutes autres sources par les forces de sécurité, et après que les services de sécurité se sont rendu compte que les demandes de rançons exigées par les terroristes après la vague de kidnappings, se faisaient au préalable avec la complicité des familles des personnes kidnappées.
Selon toujours Abou Tourab, les habitants de la Kabylie ont été très influencés par le Christianisme et ont fuit l’Islam à cause de l’existence de nombreuses églises, ce qui autorise la demande de la Djizia à ces habitants puisqu’ils sont en terre d’Islam.
Dalila B.

article que vous pourrez retrouvez sur le site du canard en question: http://www.ennaharonline.com/fr/news/124.html[/url]

vous remarquerez que nous sommes en terre d'islam et non sur la terre de nos ancêtres
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alekcxjo
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MessageSujet: Re: la realité Kabyle.   Jeu 19 Mar - 22:17

Clochette a écrit:
pour vous informer que Dieu nous autorise d’exiger le tribut « djizia » de ces chrétiens et de leur interdire de montrer les signes de leur religions.


Clochette a écrit:
justifiant leurs christianité par l’existence de débit de boissons alcoolisées dans les régions de Bejaia.


Y'a beaucoup de kabyles (et berbères en général) qui sont chrétien? Musulmans? Juifs? Autre?

Clochette a écrit:
vous remarquerez que nous sommes en terre d'islam et non sur la terre de nos ancêtres

c'est dingue quand même!!!!

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MessageSujet: Re: la realité Kabyle.   Mar 24 Mar - 20:15

Bonjour alekcxjo,

Les Berbères ont épousé toutes les religions: le judaïsme, le christianisme et enfin l'islam pour ne parler que des religions monothéistes.

A propos sais-tu que Saint Augustin, le père le plus célèbre de l’église catholique était du nord-ouest de l'Algérie. Il était plus exactement d’Hippone et dont le nom aujourd’hui est Annaba (une grande ville algérienne). Son père était païen (berbère à coup sur) et sa mère chrétienne, probablement un berbère convertie au christianisme…cette partie de notre histoire est tout simplement éliminée des livres d’histoires algériens…niet !

L’Histoire de l’Algérie a commencé avec la « glorieuse » arrivée des arabes, de leur divin message et surtout de leur sabres…c’est pourquoi, dans les manuels algériens, nous sommes arabes, nous n’avons jamais existé avant et d’après l’un des président de la République Algérienne Démoniaque et Populiste nous sommes(nous autres berbères) une pure création de l’esprit machiavélique des vilains pères blancs installé en Kabylie pour diviser l’Algérie et la menacer dans son intégrité territoriale…en d’autres termes nous sommes (les kabyles) des néocolonialistes, suppôts de la France coloniale et garants de ses intérêts en Algérie…voilà pourquoi nous refusons d’êtres arabe…c’est tellement évident qu’un président de la république s’est permis de le dire dans un discours télévisé à la suite du 20 avril 1980 : premier printemps berbère d’Algérie car il y en a eu un autre, bien plus sinistre et que nous avons nommé printemps noir en raison des 126 victimes des balles explosives mises gracieusement au service de la jeunesse kabyle pour bien lui montrer comment on est châtiés quand on se révolte contre cette divine identité arabe !

Bon ! Excuses moi, je sors du sujet !

Pour répondre à ta question sur les religions pratiquées en terre berbère (n’en déplaise à ce mutant de barbu et à sa fatwa). L’islam est majoritaire, mais il existe des communautés chrétiennes, hélas, harcelées par l’état algérien et ses relais islamistes disséminés dans la population. Le seul endroit où ils ont la paix c’est en Kabylie. De plus avec l’arrivée de l’intégrisme et donc du terrorisme islamique, un certain nombre de kabyle se sont convertis au christianisme par pur rejet d’une religion qui s’est avérée monstrueusement sanguinaire.
Ces convertis ne sont pas si nombreux mais suffisamment pour déclencher une (quasi) croisade contre eux. Et puis, il n’y a pas que les convertis, il y a aussi ceux qui ont gardé une croyance chrétienne antérieure à l’islam « mais cachée » car l’islam ne tolère pas d’autre religion.
Il y a eu aussi le judaïsme, essentiellement cette fois du coté du peuple Chaoui, une autre frange du peuple berbère d’Algérie…mais là aussi ! Islam oblige ! Ou tu te converti ou on te décapite ! C’est ce qui est arrivé à notre Dihya, reine des berbères (de la région des Chaoui) qui a mené la guerre contre les conquérants arabo-musulmans et dont la tête a été emportée au calife pour cause de résistance à leur invasion…enfin voilà depuis plus de pluralisme religieux sinon gara à ta tête, elle risque de ne pas rester longtemps sur tes épaules! Ne riez pas c'est ce qui attend aussi l'Europe. La manœuvre est entamée et ils sont en bonne voie!
A bon entendeur salut!
Ar tufat !
A bientôt !
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MessageSujet: Re: la realité Kabyle.   Jeu 26 Mar - 2:02

Merci pour toutes ces précisions, j'ignorais beaucoup de chose.

Habitant avec 2 kabyles, je connais de la Kabylie surtout ses recettes de légumes (poivron, tomate, courgette, etc.) qui ravissent ma bouche lors des repas...


Vive les Imaziɣen, peuple multimillénaire... Smile

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la realité Kabyle.

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