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 Amnesty témoigne...

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Ekintza
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Date d'inscription: 16/05/2008

MessageSujet: Amnesty témoigne...   Lun 1 Juin - 16:27

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Le JPB
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Amnesty témoigne...


29/05/2009

Machja NICCI

A l'occasion de la sortie de son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le Monde, Amnesty international a fait le point hier, à Bayonne, sur ses combats, ses victoires et a annoncé la naissance d'une nouvelle campagne engagée sur fond de crise économique : «Exigeons la dignité».

Comme tous les ans, son rapport fait état des inégalités qui perdurent aux quatre coins du monde et de lot de souffrances qui en découlent. Les actes de barbarie et de torture y sont omniprésents. «Classiques» dans les pays dits «non démocratiques», ils demeurent également tout près d'ici. Ainsi, l'Etat espagnol est montré du doigt en ce qui concerne «la torture et, de façon plus générale, les mauvais traitements qui demeurent des pratiques courantes des responsables de l'application des lois».

Pour illustrer cet état de fait, le rapport cite, entre autre, le cas de deux membres présumés de l'ETA, Igor Portu et Mattin Sarasoa, qui, placés en détention au secret à Arrasate (Gipuzkoa) en 2008, «semblaient avoir été maltraités lors de leur arrestation (...). L'un d'eux, admis par la suite à l'hôpital de Donostia, présentait deux côtes cassées et une perforation du poumon». A la fin de l'année dernière, les conclusions de l'enquête sur les allégations de mauvais traitements n'avaient toujours pas été rendues au tribunal d'instruction de Donostia qui l'avait initiée.

Quid de la censure espagnole ?

Soulignant à maintes reprises l'importance des liens entre libertés politiques et droits économiques, sociaux et culturels (DESC), Amnesty International n'a pourtant pas abordé dans son dernier rapport le cas des journaux et des partis interdits par l'Etat espagnol. Interrogée sur cette question, Mireille Dasse, responsable d'Amnesty France, a déclaré qu'elle «devrait être étudiée au nom de la liberté d'expression, un point sur lequel Amnesty s'est souvent battue, notamment en Chine».

Rappelons qu'en 2002, lors des manifestations de soutien à Batasuna, Amnesty International avait demandé aux autorités espagnoles et basques de prendre garde à ce que les droits à la liberté d'expression et de manifester pacifiquement soient respectés.

L'Etat français en toute impunité

L'Hexagone n'est pas non plus épargné pour sa politique en matière de droits humains. Parallèlement à son rapport annuel, Amnesty a même publié un long dossier intitulé «Des policiers au-dessus des lois». On peut y lire que depuis 2005, «les allégations de mauvais traitements infligés par des agents de la force publique dans l'Etat français se sont multipliées». Autre point noir relevé par l'association internationale : l'adoption par le parlement en février 2008 de la loi relative à «la rétention de sûreté» qui permet de renouveler indéfiniment l'emprisonnement de personnes jugées dangereuses même lorsqu'elles sont arrivées au bout de leur peine légale ce qui, pour Amnesty, «constitue une violation du droit à la liberté, de l'interdiction de la détention arbitraire et du principe de présomption d'innocence».

Cinq grandes crises à résoudre

Pour Irène Khan, secrétaire générale d'Amnesty International, «derrière la crise économique se cache une crise des droits humains prête à exploser. (...) La récession a aggravé les atteintes aux droits humains, détourné l'attention de celles-ci et créé de nouveaux problèmes». En effet, les liens entre la crise économique et la violation des droits humains sont indéniables, en particulier lorsque la nourriture est utilisée comme arme politique comme c'est le cas actuellement au Darfour ou au Sri Lanka. La campagne «Exigeons la dignité» s'appuie donc sur la défense des plus vulnérables. A travers elle, Amnesty voudrait que les indicateurs de la pauvreté sortent de la seule quantification. Mireille Dasse précise «qu'il faut y ajouter la notion de violation des droits humains».

Quant au bilan de ces droits à travers le monde, il laisse transparaître, pour Amnesty, l'urgence de régler cinq crises majeures au Darfour, au Congo RDC, à Gaza, en Irak et en Afghanistan.


La langue basque à l'ONU

Parallèlement à la présentation du rapport 2 009 d'Amnesty international abordant les droits économiques, sociaux et culturels pour tous, se tenaient à New York les rencontres annuelles des délégations des peuples autochtones du monde entier devant l'ONU. Terexa Michelena, «déléguée citoyenne basque du Pays Basque nord» a rappelé devant l'instance internationale la nécessité d'inclure dans ses futures études la thématique de la langue de l'éducation. Elle a souligné la non-ratification par la France de la Charte européenne des langues minoritaires de 1992 et la survie de la langue basque grâce au seul travail de milliers de «militants autochtones». L'objectif d'une telle mise au point est de solliciter l'aide de l'ONU pour que les langues autochtones soient enfin reconnues à leur juste valeur par les autorités françaises.

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