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 Coup d'Etat au Honduras et résistance

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Ekintza
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MessageSujet: Coup d'Etat au Honduras et résistance   Jeu 9 Juil - 17:49

http://bellaciao.org/fr

Citation:
L’AMBASSADEUR DES USA ETAIT AU COURANT DE LA PREPARATION DU PUTCH
mercredi 8 juillet 2009

de Jean-Guy Allard



L’ambassadeur des Etats-Unis au Honduras, Hugo Llorens, admet avoir participé à des réunions où a été préparé le coup d’état du 28 juin 2009 contre le président Zelaya.

Qui est Hugo Llorens ?

Tout simplement un des 14000 enfants arrachés à Cuba lors de l’opération Peter Pan entre 1960 et 1962. Pour mémoire, l’opération Peter Pan (operación Pedro Pan en espagnol), organisée par la CIA, les autorités religieuses catholiques de Miami et des exilés cubains, visait à semer la panique dans les familles de l’île en diffusant de fausses informations selon lesquelles les enfants cubains seraient déportés en Union Soviétique. Pour « sauver » ces enfants, l’opération Peter Pan organisa leur départ de Cuba vers Miami où ils furent en général placés dans des orphelinats ou accueillis dans des familles d’exilés cubains et reçurent tous une éducation strictement conservatrice qui les mena tout droit dans la mouvance de l’extrême droite.

Tout comme Melquiades ’Mel’ Martínez, représentant de l’extrême droite cubano-américaine au Congrès des Etats-Unis ou Eduardo Aguirre, ambassadeur des USA à Madrid, dont il fut l’assesseur, Hugo Llorens est arrivé aux Etats-Unis à l’âge de sept ans. Après une carrière universitaire brillante, il occupe divers postes avant d’intégrer le Département d’Etat en 1981. Dès 1982, il devient le Directeur des Affaires Andines au Conseil National de Sécurité à Washington. Il occupait ce poste lors de la tentative de coup d’état conte Hugo Chávez en 2002…

En juillet 2008, Llorens est nommé ambassadeur au Honduras en remplacement de Charlie Ford, celui-là même qui avait suggéré à Bush la brillante idée de se débarrasser de Posada Carriles en l’envoyant finir ses jours au Honduras. La demande fut présentée au président Zelaya tout fraîchement élu. Malheureusement pour la Maison Blanche, le nouveau président se montra infiniment moins docile que prévu et envoya sèchement promener Charlie et son protégé.

Lorsque Llorens arriva à Tegucigalpa deux mois plus tard, le président Zelaya refusa de recevoir ses lettres de créance, par solidarité avec la Bolivie qui venait d’expulser le représentant des USA pour ses activités d’ingérence. L’ambassadeur US dut attendre une longue semaine avant d’être enfin reçu, et dut écouter Zelaya lui exprimer le malaise de son pays devant « ce qui se passait dans le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud».

Coïncidence : deux jours plus tard, le 22 septembre, le chef d’Etat Major des Forces Armées du Honduras, le général Romeo Vásquez déclarait à la presse locale que « certaines personnes envisageaient de renverser le président Zelaya ». Or ce général Vásquez n’est autre que celui qui soutient Micheletti, l’homme porté au pouvoir par le coup d’état militaire du 28 juin… A l’époque, ce militaire vertueux affirmait que, bien que le président élu soit « critiqué pour les accords passés avec le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua » et qu’on l’ait « sollicité pour chasser le gouvernement », l’armée était « une institution sérieuse et respectueuse », ajoutant même : « Nous respectons monsieur le Président en tant que notre commandant en chef et nous nous plions à la loi ».

Neuf mois plus tard, c’est ce même général qui a ordonné à ses troupes de tirer sur la foule à l’aéroport de Tegucigalpa ! Depuis le coup d’état, on a appris pas mal de choses. Entre autres, le journal La Prensa révèle que dans la nuit du 21 juin eut lieu une réunion entre des politiciens influents du pays, des chefs militaires et l’ambassadeur Llorens pour « chercher une issue à la crise », la crise étant la consultation populaire décidée par Zelaya sur la possibilité d’un chef d’état de briguer un second mandat. Eventualité inacceptable pour la droite du pays qui voyait glisser à gauche, vers les Chávez, Correa, Morales, Ortega et autres Castro, un président qu’elle avait elle-même porté au pouvoir !

Quant au New York Times, il a confirmé que s’était tenue une autre réunion à laquelle assistaient “le Secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires de l’Hémisphère Occidental, Thomas A. Shanon, l’ambassadeur Llorens, de hauts officiers des forces armées et des leaders de l’opposition» pour «renverser le Président Zelaya, l’arrêter et désigner l’autorité qui pourrait le faire».

Nous voulons bien croire qu’Obama – qui a condamné modérément le coup d’état- n’était pas au courant.


Citation:
Les tortionnaires reprennent du service au Honduras

mercredi 8 juillet 2009

Le sicaire de Roberto Micheletti : Histoire du tortionnaire Joya Améndola, bras droit du président "de facto" du Honduras

de Gennaro Carotenuto



Ceux qui ont vécu la guerre sale des années 80 en Amérique du centre vont avoir des sueurs froides, quand ils apprendront que le « ministre conseiller » du président de facto hondurien n’est autre que Billy Joya Améndola.

Il est indispensable de connaître le curriculum de Joya Amándola pour comprendre la culture politique de la junte militaire putschiste que préside Micheletti.

Dans les années 80, Billy Joya Améndola était un des principaux dirigeants du Service de renseignement 3-36, chargé de l’enlèvement et de la séquestration des opposants politiques, et fondateur des escadrons de la mort « Lince y Cobra » (Lynx et Cobra). Il fut, dans ces fonctions, l’un des principaux exécuteurs d’enlèvements, de tortures et d’assassinats au Honduras, et pour le moins de onze exécutions sous le pseudonyme de Docteur Arranzola.

Il fut accusé également de la séquestration et de la torture de 6 étudiants, dont 4 sont toujours portés disparus. Les faits remontent au 27 avril 1982, dans les bureaux du Procureur général de la République, Rafael Rivera, en violation de l’immunité du second représentant de la justice du pays, avec les mêmes méthodes utilisées par la dictature argentine.

En fait, s’il n’y a pas de preuves que Joya Amándola recevait ses instructions des Etats-Unis, il est irréfutable qu’il a travaillé en Argentine, sous les ordres d’un des principaux agents de la répression, Guillermo Suarez Mason, connu notamment pour être l’un des principaux organisateurs d’enlèvements d’enfants pendant la dernière dictature.

Doté d’une bourse de l’armée hondurienne, il étudia ensuite au Chili d’Augusto Pinochet. Puis de 1984 à 1991, il fut intermédiaire entre l’armée hondurienne, les oppresseurs argentins et les Etats-Unis pendant la sale guerre.

Depuis 1985, le gouvernement espagnol a demandé l’extradition de Joyas Améndola à plusieurs reprises, à travers Interpol. Cependant la justice hondurienne (la même qui a présenté 18 accusations contre Zelaya) n’a jamais donné suite à aucune d’elles.

Malgré cela, lorsqu’un juge de Tegucigalpa l’a accusé d’enlèvement et de torture, et qu’un ordre d’arrestation a été émis contre lui en 1985, c’est précisément en Espagne qu’il s’est réfugié et il est resté, sollicitant l’asile politique. Il fut expulsé en 1998. Pendant toutes ces années, il a travaillé comme catéchiste dans un collège de Séville.

Il est aujourd’hui le bras droit de Micheletti.


Traduction du site Rebelion, Gloria Gonzalez Justo

http://www.gennarocarotenuto.it/9082-il-sicario-di-roberto-micheletti-la-storia-del-torturatore-joya-amndola-braccio-destro-del-presidente-di-fatto/

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Ekintza
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MessageSujet: Re: Coup d'Etat au Honduras et résistance   Sam 18 Juil - 19:51

Citation:
8 juillet 2009

Les 5 règles de la propagande de guerre.

A chaque guerre, coup d’Etat ou agression menée par l’Occident, les grands médias appliquent ces cinq « règles de la propagande de guerre ». Employez vous-même cette grille de lecture lors des prochains conflits, vous serez frappé de les retrouver à chaque fois : 1. Cacher l’Histoire. 2. Cacher les intérêts économiques. 3. Diaboliser l’adversaire. 4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. 5. Monopoliser l’info, exclure le vrai débat.

Application au cas du Honduras, Juillet 2009...

1. Cacher l’Histoire. Le Honduras est l’exemple parfait de la « république bananière » aux mains des USA. Dépendance et pillage colonial ont provoqué un énorme fossé riches-pauvres. 77% de pauvres selon l’ONU. L’armée hondurienne a été formée et encadrée - jusque dans les pires crimes - par le Pentagone. L’ambassadeur US John Negroponte (1981-1985) était surnommé « le vice-roi du Honduras ».

2. Cacher les intérêts économiques. Aujourd’hui, les multinationales US (banane Chiquita, café, pétrole, pharmacie…) veulent empêcher ce pays de conquérir son indépendance économique et politique. L’Amérique du Sud s’unit et vire à gauche, et Washington veut empêcher l’Amérique centrale de suivre la même voie.

3. Diaboliser l’adversaire. Les médias ont accusé le président Zelaya de vouloir se faire réélire pour préparer une dictature. Silence sur ses projets sociaux : augmentation du salaire minimum, lutte contre l’hyperexploitation dans les usines-bagnes des firmes US, diminution du prix des médicaments, aide aux paysans opprimés. Silence sur son refus de couvrir les actes terroristes made in CIA. Silence sur l’impressionnante résistance populaire.

4. Blanchir nos gouvernements et leurs protégés. On cache le financement du putsch par la CIA. On a présenté Obama comme neutre alors qu’il refusait de rencontrer et de soutenir le président Zelaya. S’il avait appliqué la loi et supprimé l’aide US au Honduras, le coup d’Etat aurait été vite arrêté. Le Monde et la plupart des médias ont blanchi la dictature militaire en parlant de « conflit entre pouvoirs ». Les images de répression sanglante ne sont pas montrées au public. Bref, un contraste frappant entre la diabolisation de l’Iran et la discrétion sur le coup d’Etat hondurien « made in CIA ».

5. Monopoliser l’info, exclure le vrai débat. La parole est réservée aux sources et experts « acceptables » pour le système. Toute analyse critique sur l’info est censurée. Ainsi, nos médias empêchent un vrai débat sur le rôle des multinationales, des USA et de l’UE dans le sous-développement de l’Amérique latine. Au Honduras, les manifestants crient « TeleSur ! TeleSur ! » pour saluer la seule télé qui les informe correctement.


http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=1&id=2181&option=com_content&Itemid=2

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almogàver
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MessageSujet: Re: Coup d'Etat au Honduras et résistance   Mar 28 Juil - 15:40

web de le govern resistent de Zelaya:

http://www.guaymuras.net/

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Mentre ens neguen la paraula no trobaran la pau!

SEGUIREM RESISTINT!
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Ekintza
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MessageSujet: Re: Coup d'Etat au Honduras et résistance   Dim 18 Oct - 16:15

Citation:
http://servirlepeuple.over-blog.com/

Derniers "ajustements" et conclusion proche au Honduras

Les négociations n'ont finalement pas encore abouti sur la question du retour du
président Zelaya
.
Les crispations les deux tendances du Parti Libéral, parti du président
renversé comme du putschiste Micheletti, tardent à s'aplanir, mais le
différent semble plutôt porter sur les modalités constitutionnelles
(décision du Congrès, ou de la Cour suprême) du rétablissement que sur
son principe.

Les putschistes, qui ont réalisé un coup d'etat "à l'ancienne" ne
respectant les nouvelles normes "Soros" du coup d'Etat "du 21e siècle"
(mobilisation de la "société civile", "répression" des affreux
autocrates socialistes, "victoire de la liberté"...), sont acculés, ils
doivent agir pour voir les élections prévues fin novembre reconnues
(élections probablement acquises à la droite - ou à la "normalisation"
- après 3 mois de répression sanglante des forces progressistes -
emprisonnements, disparitions...).

Déjà, en rupture avec le triomphalisme qui ne manquerait pas
d'accueillir, au Honduras et dans le monde, le retour de Zelaya, nous
avons exprimé notre position selon laquelle les putschistes ont déjà gagné, avec le soutien de la bourgeoisie impérialiste US et de ses alliés et laquais du monde entier (en particulier de l'OEA), le
"processus" actuel n'étant qu'un maquillage démocratique de cette victoire.

Qui de sensé peut parler de victoire avec l'"accord" en passe d'être
finalisé ? Avec la Constituante enterrée, les froces progressites
décimées, un Zelaya de retour privé de tout pouvoir et de toute façon
en fin de mandat, une élection du 29 novembre acquise, par le rapport
de forces, à la droite soutien du coup d'Etat...

Ce qu'aurait été une victoire

- La remise du pays en l'état du 28 juin. Le président élu a été privé de 3mois et demi de son mandat, celui-ci doit donc être prolongé, et les élections
reportées d'autant
.
Comment prétendre que ces élections se dérouleront "dans des conditions
normales", après ce qui s'est passé, sous prétexte que Zelaya est
revenu à la présidence ?

- Dans l'intervalle (et dans les meilleurs délais), devrait se tenir le référendum initialement prévu le 28 juin, sur le projet d'Assemblée
Constituante.

- Non pas "pas d'amnistie" (ce qui signifie que le vainqueur du 29
novembre, pro- ou (utopie, utopie...) anti-putsch pourra faire juger le
camp adverse), mais la destitution de leurs fonctions et le procès selon la loi hondurienne des putschistes, des tortionnaires et des
assassins.

Ces revendications n'ont rien de révolutionnaire, et même tout de
démocratique petite-bourgeoises. C'est pourtant ce qu'ont été incapables de tenir
fermement les négociateurs de Zelaya.

Non pas pour les voir aboutir, ce serait rêver, mais pour montrer à la face du monde que dans les pays dominés les principes les plus élémentaires de la
légalité bourgeoise ne s'appliquent pas
, ou plus dès qu'il s'agit d'améliorer même de façon ridicule la condition du peuple. Et pour démasquer la
position des États-Unis et de leurs alliés de l'OEA sur ces principes
, dont ils se font les héros quand il s'agit de Cuba, du Venezuela,de la résistance colombienne, du Hamas ou de
l'Iran.

Car bien sûr la "communauté internationale" n'aurait pas manqué de
dénoncer l'"irresponsabilité", l'"obstination" du camp Zelaya...

Mais trêve de politique-fiction. Tout cela est bien entendu impossible à des grands bourgeois issus de l'oligarchie, même animés des meilleures
intentions réformistes et humanistes. La détermination populaire, prolétaire, est étrangère à leur psychologie de classe.

Quoi qu'il arrive désormais au Honduras, le combat ne fait que
commencer. La dictature terroriste n'aura duré que 3 mois et demi, et
non 40 ans, mais
la "légalité démocratique" rétablie et sanctionnée par les élections du
29 novembre sera une "légalité démocratique" à l'espagnole
.

La marche du peuple hondurien doit reprendre là où elle s'est arrêtée :
devant les isoloirs pour une assemblée constituante. Tel est l'enjeu
aujourd'hui de la lutte des classes au Honduras.


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Ekintza
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MessageSujet: Re: Coup d'Etat au Honduras et résistance   Dim 18 Oct - 16:18

Citation:

Venezuela, Honduras, Pérou, Equateur : « petits » oublis et « grands » mensonges des médias

par Éric Toussaint

Il convient de prendre la mesure du danger que constitue l'attitude systématiquement hostile adoptée par l'écrasante majorité des grands médias européens et nord-américains (ainsi que par l'organisation Reporters sans frontières) à l'égard des expériences en cours en Equateur, en Bolivie et au Venezuela. Cette hostilité n'a d’égale que le silence embarrassé et complice à l'égard des putschistes honduriens ou de la répression exercée par l'armée péruvienne contre les Indiens d'Amazonie.


Pour illustrer cette affirmation, quelques faits récents.


1) Le 5 juin 2009, l 'armée péruvienne a massacré à Bagua plus de 50 Indiens d'Amazonie qui protestaient contre les concessions de terres accordées par le gouvernement d'Alan Garcia aux transnationales étrangères, principalement européennes. Cela n’a pas provoqué la réprobation des grands groupes de presse mondiaux[1]. Ceux-ci donnaient alors la priorité quasi exclusive aux protestations en cours en Iran. Non seulement la presse n'a pas réprouvé la répression au Pérou, mais à peine y a-t-elle fait écho. Or, le mécontentement était tel au Pérou que le gouvernement a dû annoncer l'abrogation du décret présidentiel contre lequel les Indiens d'Amazonie étaient entrés en lutte. Encore une fois, la couverture par les médias de ce recul du gouvernement a été quasiment nulle. Posons-nous la question suivante : si une intervention de l'armée vénézuélienne ou équatorienne avait provoqué la mort de dizaines d'Indiens d'Amazonie, quelle aurait été la couverture médiatique?



2) Lorsque le président constitutionnel Manuel Zelaya a été renversé par les militaires le 28 juin, l'écrasante majorité des médias a déclaré, en contradiction totale avec la vérité, que les militaires réagissaient à sa volonté de modifier la Constitution afin de rester au pouvoir. De nombreux medias ajoutaient qu'il suivait en cela l'exemple d'Hugo Chavez, présenté comme un dirigeant populiste autoritaire. En réalité, Manuel Zelaya proposait aux citoyens honduriens de se prononcer en faveur de l’organisation d’élections générales à une Constituante ce qui aurait représenté une réelle avancée démocratique dans ce pays. C’est ce qu’expliquent très bien Cécile Lamarque et Jérôme Duval, de retour d’une mission du CADTM au Honduras : « Le coup d’État est réalisé le jour où Manuel Zelaya organise une "consultation" à caractère non contraignant demandant aux Honduriens s’ils désiraient, ou non, la convocation d’une Assemblée nationale constituante, après les élections prévues le 29 novembre 2009. La question était : « Êtes-vous d’accord qu’aux prochaines élections générales de 2009, une 4e urne soit installée pour permettre au peuple de se prononcer sur la convocation d’une assemblée nationale constituante ? OUI ou NON ». Si cette consultation avait recueilli une majorité de "oui", le président aurait soumis un décret à l’approbation du Congrès pour que, le 29 novembre, les Honduriens se prononcent formellement sur la convocation d’une Constituante, dans une "quatrième urne" (les trois premières étant réservées respectivement à l’élection du président, des députés et des maires). Pour donner un semblant de légalité au coup, le Congrès et la Cour Suprême , associés au putsch, ont jugé ce scrutin illégal et ont fait valoir que le président Zelaya a « violé la Constitution » en prétendant la modifier « pour pouvoir briguer un nouveau mandat », à la manière d’un « apprenti dictateur chaviste ». Or, Manuel Zelaya ne cherchait pas, via cette consultation populaire, à reconduire son mandat présidentiel lors des prochaines élections puisque celles-ci se tiendront dans le cadre de l’actuelle Constitution qui prévoit des mandats présidentiels de quatre ans non renouvelables. Zelaya ne pouvait donc pas être candidat à sa propre succession.»[2].


Alors que les mouvements populaires d'opposition aux putschistes ont multiplié grèves et manifestations en juillet, en août et septembre, les grands médias y ont à peine consacré quelques lignes. Les rares fois où les grands quotidiens consacrent un article de fond à la situation au Honduras, ils pratiquent une politique de dénigrement du président constitutionnel quand ils ne présentent pas carrément l’action des militaires sous la forme d’un coup militaire démocratique. C’est le cas The Wall Street Journal, qui dans son éditorial du 1er juillet 2009, écrivait que “le coup d’Etat militaire qui a eu lieu au Honduras le 28 juin dernier et qui a conduit à l’exil le président de ce pays d’Amérique centrale, Manuel Zelaya, est étrangement démocratique”. L’éditorial ajoute que “les autorités législatives et judiciaires resteront intactes” suite à l’action militaire. De son côté et de manière plus nuancée, le célèbre quotidien français Le Monde a participé à une campagne de dénigrement de Manuel Zelaya. En voici un exemple. Le 12 septembre 2009, Jean-Michel Caroit, son envoyé spécial au Honduras, cite les paroles d’une Française expatriée dans ce pays et ensuite accole le mensonge répété systématiquement sur les mauvaises intentions attribuées à Manuel Zelaya : « « Pour les Honduriens, le retour de Zelaya est inacceptable car il signifierait vingt ans de dictature à la [Hugo] Chavez », s’exclame Marianne Cadario, en référence au président du Venezuela qui – comme son allié Manuel Zelaya prétendait le faire (c’est moi qui souligne) – a modifié la Constitution pour pouvoir se faire réélire. Marianne Cadario, une Française installée depuis trente ans au Honduras, se dit « hyperchoquée par la réaction de la communauté internationale » qui a condamné le putsch. ».[3] Le ton des journaux comme Le Monde et Libération a commencé à changer fin septembre après que les putschistes aient franchi plusieurs degrés supplémentaires dans la répression. Il est devenu assez critique à l’égard des putschistes. Ceci dit, le quotidien Libération mérite un prix pour l’utilisation des euphémismes. En effet, le 28 septembre 2009 (3 mois après le coup jour pour jour), il intitulait « Parfum de dictature » (c’est moi qui souligne) le paragraphe dans lequel il expliquait que le gouvernement putschiste avait décrété : « l’interdiction de « toute réunion publique non autorisée», arrestation de «toute personne mettant en danger sa vie ou celle des autres», «évacuation» des locaux occupés par les manifestants et brouillage de «l'émission par n'importe quel média de programmes portant atteinte à la paix.» »[4].




3) Début août 2009, l 'intention des autorités vénézuéliennes de remettre en cause le droit d'émettre de 34 radios et télévisions a trouvé un écho important dans la presse internationale sur le thème : « c’est une preuve de plus de la quasi disparition du droit d'expression et de critique dans ce pays autoritaire ». La manière dont la grande presse traite la situation des médias au Venezuela est unilatéralement hostile aux autorités du pays, alors que 90% des médias vénézuéliens sont privés et soutiennent pour la plupart très activement des campagnes de désinformation. Globovision, une des principales chaînes de télévision privées, a participé activement au coup d'Etat militaire contre Chavez le 11 avril 2002. Un reportage réalisé par Globovision a fait le tour du monde le 11 avril 2002 et dans les jours qui suivirent le coup militaire. Il s’agit d’un montage qui falsifie la réalité. On y voit des civils présentés comme chavistes en train de tirer au pistolet à partir d’un pont dans une direction qui n’est pas identifiable. La voix off du journaliste de Globovision affirme que les chavistes sont en train d’abattre des manifestants d’opposition qui défilent pacifiquement dans la rue en dessous du pont. Le parquet vénézuélien a pu reconstituer le déroulement exact des faits à partir de l'analyse des reportages et des différentes photos prises par des particuliers le 11 avril 2002. En fait, les militants chavistes qui, selon Globovision, tiraient sur des manifestants, répondaient en réalité à des tirs provenant d'un blindé de la police métropolitaine alliée aux putschistes. Les manifestants d’opposition n’étaient plus dans la rue vers laquelle tiraient les chavistes au moment des faits. Plusieurs sources ont pu démontrer sans équivoque possible que les putschistes avaient programmé l'assassinat de manifestants anti-chavistes en attribuant ces crimes à Chavez pour justifier leur coup. Le 11 avril 2008, les téléspectateurs vénézuéliens ont pu revoir les images de la conférence de presse donnée par les militaires putschistes à un moment où aucun manifestant n'avait encore été tué. Or, ces militaires y affirmaient qu'ils prenaient le pouvoir suite aux assassinats réalisés par les chavistes, ce qui corrobore clairement la thèse selon laquelle ils avaient délibérément planifié ces assassinats pour justifier leur action séditieuse.



Au cours des deux jours qui suivirent le coup d’Etat, les 12 et 13 avril 2002, alors que des centaines de milliers de personnes non armées encerclaient les casernes putschistes pour réclamer le retour d’Hugo Chavez emprisonné, Globovision n’a diffusé aucune image de ces protestations, elle expliquait que le calme était revenu dans le pays et que Hugo Chavez avait donné sa démission et était en route vers Cuba. Au cours des dernières heures du putsch, cette chaîne se contentait de diffuser des dessins animés et des émissions de variété[5]. Globovision s'est donc fait complice des putschistes à plusieurs moments clé ce qui a amené les associations de parents des victimes et les survivants blessés à exiger une condamnation de la chaîne. Ce à quoi le gouvernement chaviste s’est jusqu’ici refusé afin d’éviter que la campagne internationale menée contre lui ne monte subitement de plusieurs crans. Plusieurs associations de défense des droits humains sont d’ailleurs mécontentes de cette attitude passive de la part des autorités vénézuéliennes.



Plus récemment, Globovisión a manifesté sa sympathie pour les auteurs du coup d’Etat du 28 juin 2009 au Honduras. Les animateurs de plusieurs émissions de Globovision n’ont rien fait d’autre que de soutenir le coup d’Etat au Honduras depuis le début, accusant à leur tour le gouvernement Chavez d’ingérence pour avoir condamné le coup. A titre d’exemple, Guillermo Zuloaga, président de Globovision a affirmé le 17 juillet dernier que “le gouvernement de Micheletti est conforme à la Constitution , et nous voudrions, nous serions ravis qu’ici au Venezuela, la Constitution soit respectée de la même manière qu’elle l’est au Honduras”, marquant ainsi clairement son soutien au gouvernement putschiste.



Globovision n'a jamais fait l'objet d'une interdiction d'émettre. Quel est le grand média européen ou nord-américain qui mentionne ce fait ? Quel grand média européen ou nord-américain informe le public sur le fait que l'écrasante majorité des médias vénézuéliens sont contrôlés par le secteur privé? Qu’ils représentent plus de 90% de l’audimat au niveau télévisuel. Qu'ils attaquent avec une violence extrême le gouvernement présenté comme une dictature et que certains d'entre eux bien qu'ayant participé activement au coup d'Etat contre un président constitutionnel, continuent à émettre librement depuis sept ans. Peut-on imaginer que le général de Gaulle n'aurait pas pris des mesures répressives à l'égard d'un journal, d'une radio ou d'une télévision qui aurait soutenu activement le coup de l'OAS au moment de la guerre d'Algérie? Ne trouverait-on pas normal que le gouvernement espagnol prenne des mesures contre les médias qui auraient soutenu activement en temps réel le colonel Tejero lorsque, à la tête d’un groupe de militaires putschistes, il a menacé d'une arme les députés présents aux Cortes[6]? Si Manuel Zelaya était restitué dans son mandat de président constitutionnel, lui et son gouvernement ne seraient-ils pas en droit de demander des comptes et de prendre des mesures contre les propriétaires des médias honduriens qui ont résolument appuyé les putschistes en déformant systématiquement la réalité et en ne couvrant pas les multiples violations des droits humains commises par les militaires ?



4) Les dépenses d’armement. A lire la presse européenne ou d’Amérique du Nord, on a nettement l’impression que le Venezuela est en train de faire d’importantes dépenses d’armement (notamment auprès de la Russie ,) ce qui constitue une menace pour la paix dans la région. Or si l’on en croit la CIA[7], la situation est toute différente, le budget militaire vénézuélien est le 6e de la région par ordre d’importance, il vient après ceux du Brésil, de l’Argentine, du Chili (beaucoup moins peuplé que le Venezuela et considéré comme un modèle), de la Colombie et du Mexique. En termes relatifs, ramené au produit intérieur brut de chaque pays, le budget militaire vénézuélien vient au 9e rang de l’Amérique latine ! A-t-on pu lire cette information dans la grande presse ?



Par contre, on aura pu lire en août 2009 que la Suède demandait des comptes au Venezuela parce que le gouvernement colombien avait une fois de plus dénoncé son voisin comme fournisseur d’armes à la guérilla des FARC. La Suède avait en effet déclaré à la Colombie que des missiles SAAB retrouvés dans un camp des FARC avaient été fournis au Venezuela. Qui a pu lire la réponse détaillée donnée par Hugo Chavez ? Les missiles en question avaient été volés dans un port vénézuélien en 1995, quatre ans avant que Chavez n’accède à la présidence de la République …



Conclusion : Il faut prendre conscience de l'asymétrie avec laquelle les grands médias traitent des événements et garder dès lors un esprit hautement critique. Le discrédit porté contre Hugo Chavez, Rafael Correa et Evo Morales est tel qu’il prépare l’opinion publique internationale à la passivité au cas où une nouvelle tentative de coup d’Etat aurait lieu ou à l’approbation de mesures agressives prises par un gouvernement comme celui des Etats-Unis. Parmi les accusations insidieuses dénuées de fondement, on peut lire dans la presse espagnole (dont El Pais) que la campagne électorale de Rafael Correa a été financée par les FARC. On peut lire également que les autorités vénézuéliennes ne combattent pas le narcotrafic. Dans le cas du président hondurien Manuel Zelaya, le discrédit porté sur lui, vise à empêcher une mobilisation de l’opinion internationale en faveur de sa restitution à la tête de l’Etat.



Notes

[1] Voir http://www.cadtm.org/Le-CADTM-est-pleinement-solidaire et http://www.cadtm.org/Perou-le-massacre-de-Bagua

[2] Cécile Lamarque et Jérome Duval, « Honduras : Pourquoi le coup d’État », 17 septembre 2009, www.cadtm.org/Honduras-Pourquoi-le-coup-d-Etat

[3] Jean-Michel Caroit, « Au Honduras, la campagne électorale s’ouvre dans un climat de haine », Le Monde, p. 8, samedi 12 septembre 2009.

[4] http://www.liberation.fr/monde/0101593847-le-honduras-s-enfonce-dans-la-crise

[5] Il est intéressant de mentionner à ce propos l'initiative prise par le gouvernement d'Hugo Chavez le 11 avril 2008 - six ans après le coup d'Etat. Le gouvernement a utilisé son droit de passage sur les antennes privées et publiques pour faire rediffuser l'intégralité du reportage réalisé par les chaînes privées anti-chavistes (Globovision, RCTV...) de la séance officielle d'intronisation du président et du gouvernement putschiste dans un salon du palais présidentiel Miraflores. Le programme auquel tous les spectateurs vénézuéliens ont pu assister le 11 avril 2002, a donc été rediffusé sans aucune coupure et sans aucun commentaire critique de la part du gouvernement chaviste. Celui-ci a compté sur l'esprit critique de la société vénézuélienne pour qu’elle se fasse elle-même une opinion sur la complicité active des médias privés avec les responsables du coup parmi lesquels on a pu reconnaître les principales autorités de l'Eglise catholique, les chefs militaires factieux, le dirigeant du syndicat jaune CTV (Centrale des Travailleurs du Venezuela), les dirigeants d'entreprises privées et le président de la Fédération patronale vénézuélienne (Fedecamaras), Pedro Carmona. A noter que ce président qui a occupé le pouvoir pendant à peine environ 36 heures est aujourd'hui affublé communément du sobriquet "Pépin le Bref" (« Pepe el breve »).

[6] Le 23 février 1981, à la chambre haute du Parlement, a eu lieu une tentative de coup d’Etat organisée par des secteurs franquistes. Le colonel Tejero qui la dirigeait, a menacé d’une arme les députés et les a pris en otage au moment de l’investiture du nouveau président de gouvernement.

[7] Voir https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/index.html , consulté en mars 2009

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Coup d'Etat au Honduras et résistance

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