Dans de nombreux territoires de l'Union européenne, des groupes indigènes parlent une langue différente de celle de la majorité de la population de cet État. On estime à 40 millions le nombre de citoyens de l'Union qui, généralement en plus de la ou des langue(s) officielle(s) de leur État, utilisent régulièrement une langue régionale ou minoritaire, transmise de génération en génération.
La définition habituelle d'une langue régionale ou minoritaire est celle utilisée dans la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, traité international sous l'égide du Conseil de l'Europe et adopté par de nombreux États membres de l'Union européenne. Il s'agit des langues traditionnellement utilisées par une partie de la population d'un État qui ne sont ni des dialectes des langues officielles de cet État, ni des langues de populations migrantes, ni des langues créées artificiellement.
Cette définition couvre une grande variété de langues mais également de situations sociales, politiques et linguistiques. Le catalan, par exemple, est parlé par quelque sept millions de personnes en Espagne, en France et dans la ville d'Alghero en Sardaigne. La plupart des personnes parlant le catalan vivent dans des communautés autonomes espagnoles, où cette langue est parlée par la majorité de la population et où elle bénéficie du statut de langue officielle parallèlement à l'espagnol. Au contraire, le saami est une famille de langues parlées par des peuples indigènes dans le nord de la Finlande, en Suède, en Norvège et dans la presqu'île russe de Kola et dont certaines langues n'ont que quelques centaines de locuteurs et sont en danger imminent d'extinction.
Cette définition comprend également des communautés qui parlent une langue très proche ou identique à la langue officielle ou majoritaire d'un État voisin. Nous pouvons citer par exemple les communautés germanophones en Belgique, au Danemark, en France, en Italie et la communauté danophone en Allemagne, les communautés albanophone et hellénophone au sud de l'Italie et les communautés parlant croate ou slovène en Italie ou en Autriche. Alors que, grâce à leur statut de langue officielle dans un État voisin, ces langues ne sont pas en elles-mêmes menacées, leur vitalité et l'héritage culturel qui leur est associé dans ces régions font l'objet de pressions similaires à celles de langues minoritaires comme le breton et le gaélique.
En plus des langues à ancrage territorial décrites ci-dessus, la définition inclut le yiddish et les langues des peuples Roms et Sinti, traditionnellement parlées dans toute l'Europe.
L'irlandais et le luxembourgeois constituent des cas particuliers puisque, en dépit de leur statut de langues nationales dans leur pays respectif, ils partagent, à des degrés divers, nombre des caractéristiques des langues régionales ou minoritaires.
Ici le lin:
http://www.coe.int/T/E/Legal_Affairs/Local_and_regional_Democracy/Regional_or_Minority_languages/1_The_Charter/List_Charter_versions.asp#TopOfPage