Ekintza Membre historique

Nombre de messages: 999 Localisation: Euskal Herria Date d'inscription: 16/05/2008
 | Sujet: M. Sarkozy, les indépendantistes québécois ne sont pas secta Ven 13 Fév - 22:05 | |
| | Citation: | Le JPB L'opinion
M. Sarkozy, les indépendantistes québécois ne sont pas sectaires 12/02/2009
Rue 89.com
02-02-09/ Par Gilles Duceppe et Pauline Marois
Nous voulons réagir de deux façons aux propos que vous avez récemment tenus à l'Elysée au sujet du Québec. D'abord, vous nous voyez ravis de constater que vous trouvez trop timide la politique française antérieure qui parlait de «non-indifférence» pour qualifier l'intensité des rapports entre nos deux peuples (...)
«Sectaires», «féroces», «adeptes de l'enfermement» les indépendantistes ?
Vous semblez l'ignorer, Monsieur le Président, car à l'Elysée, vous avez accompagné vos remarques fraternelles de remontrances à certains de vos frères, affirmant au sujet des indépendantistes québécois qu'ils n'adhèrent pas au «refus du sectarisme, de la division, de l'enfermement sur soi-même, au refus de définir son identité par opposition féroce à l'autre».
«Sectaires ? Féroces ?» Les électeurs québécois qui ont élu en octobre 49 députés indépendantistes, soit près des deux tiers de la députation québécoise à la Chambre des communes à Ottawa et, en décembre dernier, 51 députés à Québec, formant ainsi l'opposition officielle ?
«Adeptes de l'enfermement», les Québécois qui ont élu quatre gouvernements souverainistes majoritaires au cours des 30 dernières années ?
Notre mouvement incarne l'exact contraire de l'idée que vous vous en faites
Nous ne pensions pas que le général de Gaulle nous appelait à l'enfermement sur nous-mêmes lorsqu'il a souhaité, en juillet 1967, que «Vive le Québec libre !» Nous jugeons toujours qu'il avait raison lorsqu'il a plus longuement expliqué ce qui suit en novembre 1967 : «Que le Québec soit libre c'est, en effet, ce dont il s'agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l'avènement du Québec au rang d'un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d'autres peuples, tant et tant d'autres états, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là. Nous ne pensons pas, non plus, que les nombreux hommes et femmes politiques français, dont plusieurs ont joué et jouent un rôle éminent au sein de votre formation politique, qui nous ont prodigué conseils et encouragements au cours des années et encore aujourd'hui, veulent pousser le Québec au sectarisme.»
Notre mouvement est fier d'avoir incarné au cours des années l'exact contraire de l'idée que vous vous en faites. C'est ainsi que le fondateur de notre mouvement, René Lévesque, s'est battu bec et ongles pour que le Québec puisse s'exprimer au sein de l'Organisation internationale de la francophonie, lorsque le gouvernement canadien le lui refusait.
Non, nous ne vous demandons pas de détester les Canadiens
On doit à son successeur Jacques Parizeau d'avoir, le premier, appuyé le projet de libre-échange canado-américain, contre les partis procanadiens à l'origine trop frileux pour s'y engager. La mobilisation de l'électorat souverainiste québécois en faveur de cet accord en a assuré le succès lors d'une élection cruciale en 1988. Ce sont des politiques économiques mises en oeuvre par des gouvernements du Parti québécois qui ont permis au Québec d'avoir une économie plus ouverte sur le monde que celle de la plupart des pays occidentaux. Ce sont des politiques linguistiques introduites par le Parti québécois qui assurent désormais au sein de la majorité québécoise l'intégration de vagues d'immigration successives, jouissant de politiques plus ouvertes et plus généreuses que celles de la plupart des pays occidentaux.
Jamais un chef d'État ne nous a autant manqué de respect
Plusieurs chefs d'État et de gouvernement, surtout du monde anglophone, ont publiquement souhaité le maintien d'un Canada uni, vantant, comme l'avait fait le président Bill Clinton en 1995, la qualité des rapports entre son pays et le Canada. D'ailleurs, George Bush père avait affirmé en 1990 que notre cas était parmi ceux où «il faut rester courageusement assis en coulisses». Aucun n'a utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez. (...)
Mais puisque vous parlez d'enfermement, Monsieur le Président, laissez-nous vous éclairer davantage. Vous avez affirmé lors de votre passage en octobre que le Canada, «par son fédéralisme, a décliné un message de respect de la diversité et d'ouverture». |
_________________ NON DA JON ?
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