Oui, en effet, ce n'est pas évident pour quelqu'un qui ne connaît pas déjà l'histoire du Québec.
Les premières images:
- L'arrivée de Jacques Cartier (1534), la fondation de Québec par Champlain (1608), la guerre de la Conquête et la capitulation de Québec (1759), et la déportation des Acadiens (1755).
On voit ensuite les ruines de Québec. Il faut savoir que les Anglais ont bombardé Québec de juin à septembre sans interruption. Ils ont tout détruit la ville.
On passe ensuite aux rébellions des patriotes (1837-1838). Sur ces images, il y a des tricolores vert-blanc-rouge.
Les Anglais ont alors pillé les villages, violé les femmes et détruit les fermes des Canadiens (les Québécois en devenir). On voit des illustrations de St-Denis (victoire patriote), de St-Charles et de St-Eustache. Le type qui tombe à genoux, à la renverse, c'est le docteur Chénier, un insurgé. Pour humilier les Canadiens, les Anglais l'ont éventré sur l'autel de l'Église et ont paradé, ivres, dans les rues du village avec son coeur au bout d'une pique.
Il y a ensuite des images du film de Pierre Falardeau sur les patriotes (15 février 1839, date où 5 patriotes furent pendus haut et court par les Anglais).
On passe ensuite aux crises de la conscription (1918 et plébiscite de 1942). Celle de 1918 a été particulièrement sanglante. Les soldats anglais ont ouvert le feu sur la foule dans les rues de Québec. 5 personnes y trouvèrent la mort.
Sur les théâtres européens, les Canadiens (et encore plus les Québécois, eux qui ne pouvaient même pas être officiers, on était l'égal des tirailleurs sénégalais dans l'armée française) servirent de chair à canon aux anglais. Le débarquement de Dieppe en 1942 a été particulièrement meurtrier. Les Anglais voulaient tester les défenses allemandes et envoyèrent des Canadiens anglais et des Québécois sur les plages de Dieppe pour le faire. Très peu s'en sortirent.
Viennent ensuite des images des années 1960. Ça commence avec l'Union jack qui se fait débarquer par des manifestants. Ils le brûlent ensuite. Les années 1960 ont été particulièrement mouvementées au Québec. C'est la renaissance du mouvement indépendantiste. Les Québécois n'acceptaient alors plus d'être des citoyens de seconde zone dans leur propre pays. Il faut savoir qu'à l'époque, seuls les Amérindiens étaient encore plus pauvres que nous.
On voit ensuite Pierre Bourgault, leader charismatique du mouvement indépendantiste. Avec le RIN, ils ont pris possession de la rue. Ils furent aussi souvent arrêtés.
Tout juste après Charles de Gaulle, les bras en l'air (il venait de crier "Vive le Québec libre" - 1967), on voit le monument à Wolfe, le chef des armées anglaises lors de la Conquête de 1759 qui est par terre. le Front de libération du Québec l'a fait exploser en 1963. Cette année (2008), une manifestation se tiendra devant ce monument que les Anglais ont depuis réparé, juste pour nous narguer.
On voit ensuite des bombes du FLQ exploser.
Les gens qui manifestent leur joie le font en appui au FLQ. Durant la Crise d'Octobre de 1970, le Centre Paul-Sauvé s'est rempli de 5000 indépendantistes qui appuyaient sans réserve le FLQ qui venait d'enlever James Cross, attaché commercial britannique et Pierre Laporte, #2 du gouvernement Bourassa.
On voit ensuite les soldats dans les rues du Québec. Durant la crise d'Octobre, le gouvernement canadien a décrété la loi des mesures de guerre. 500 personnes furent emprisonnées sans jamais être accusées de quoi que ce soit. Elles ont subi de la torture psychologique. Dans les sous-sols des postes de police, des exécutions avec des balles à blanc étaient organisées.
On passe ensuite à la période référendaire. D'un côté le chef du Parti Québécois, René Lévesque, du côté des colonialistes, Pierre Elliott Trudeau, un roi-nègre biculturel.
Les résultats du référendum de 1980:
40,4% = Oui
59,6% = Non
Celui de 1995 qui a été volé par les fédéraux:
49,4% = Oui
50,6% = Non
Et puis ça se termine avec des graffitis faits par le RRQ, le Réseau de résistance du Québécois, la branche militante de l'organisation du Québécois.
Voilà!
P.B.