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 Quand l'Evêque de La Réunion joue ... avec les mots

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Zkaèl
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Nombre de messages: 104
Localisation: île de La Réunion
Date d'inscription: 19/05/2008

MessageSujet: Quand l'Evêque de La Réunion joue ... avec les mots   Ven 16 Oct - 13:12

Citation:
Courrier des lecteurs
La créolie… toujours !
CLICANOO.COM | Publié le 16 octobre 2009

J’ai lu avec attention l’article intitulé : “Qu’est-ce qu’être Créole aujourd’hui ?” (JIR du 8 octobre) en courrier des lecteurs. L’auteur qui a l’honnêteté de signer son article écrit “La créolie de Gilbert Aubry a perduré. Etre kréol aujourd’hui à La Réunion, c’est être Réunionnais. Etre kréol aujourd’hui ne se résume pas à parler kréol.” Cela fait trente ans que j’ai écrit, que je dis et que je redis notamment ce que cette personne écrit. Je renvoie simplement à mes écrits, à mes prises de position dans diverses publications ou dans la presse. “En disant créolie, je suis aux antipodes de la définition du créole par le Larousse. Aucun dictionnaire ne peut nous définir. De même que Alain Lorraine décline sa litanie de nègres, nous pouvons décliner notre litanie de créoles : je ne dis pas créole de couleur / mais créole de combat / créole en Liberté / créole bidonville / créole cafre / créole malbar / créole tamoul / créole de Canton / créole d’Arabie / créole des Comores / créole de France… mais ici / et surtout pas un créole comédie française / Et ce faisant, qu’on ne vienne pas nous dire que nous ne sommes pas français ou nous l’interdire de l’être à notre manière. D’ailleurs, nous tenons à nos passeports européens avec notre nationalité française. Logique. Mais nous vivons ici, en océan Indien… et de toute manière, c’est notre responsabilité collective de transformer le présent pour faire réussir l’avenir, ici. En priorité. L’avenir n’appartient qu’à l’avenir.” Préface à “Rimeurs, Slameurs et autres rencontres d’hier à aujourd’hui”, Editions UDIR, 2008. “La créolie est une constatation (…), une manière pour les Réunionnais d’être Réunionnais avant tout puisque chez nous tout le monde se dit créole, quelle que soit la couleur de sa peau, son milieu social ou sa religion. Une manière qui peut non seulement rassembler les Réunionnais et ceux qui sont nés sur cette terre, mais encore ceux-là qui sont “sortis de dehors” (…) les métropolitains et ceux d’ailleurs quand ils savent respecter les personnes et les coutumes pour une même vie qui n’est pas un “pays conquis”, mais des aspirations écoutées et partagées”. Présentation de l’Hymne à la Créolie, Hôtel de Ville de Saint-Denis, 1978. Il n’y a pas de Réunionnais d’origine, nous devenons Réunionnais en épousant une communauté de destin à construire ensemble localement. Une manière de vivre et un combat pour mieux vivre ensemble. Il est nécessaire d’avoir une compréhension de l’Histoire et de notre Histoire locale, et de l’émergence de notre anthropologie créole. Car il y a une anthropologie créole tissée sur un métissage fondamental qui traverse toute la société réunionnaise. Ce qui n’empêche pas, évidemment, l’expression de sensibilités ethnoculturelles bien typées et que des Réunionnais peuvent légitimement et culturellement se dire chinois, malbars, tamouls, cafres, malgaches, etc. Mais il y a bien un continuum culturel où la couleur de la peau ne veut plus rien dire et où la langue populaire créole assure aussi une transversalité incontestable, avec des nuances diverses. “Récifs de madrépores et races de sang-mêlé… oui ! Mais ce cri n’est point bâtard / C’est l’âme d’un peuple aux racines de fierté”. (Peuple Corallien). Notre langue populaire créole est un paramètre essentiel de cette anthropologie. Mais ce “marqueur” n’est pas le seul. En effet, la “créolie”, à mes yeux, est une manière de vivre qui inclut la cuisine, les manières de penser, les imaginaires religieux qui interfèrent, les rythmes, les chants, les danses, les sonorités, la façon de concevoir l’habitat, le positionnement dans l’environnement Cf. interview au journal “Le Mauricien”, mai 2008. Il faut valoriser tout le positif du vécu réunionnais pour donner confiance et susciter la créativité. Et il est urgent de maîtriser rapidement le français qui a contribué à l’émergence de notre “créole francophone”, d’apprendre à lire, à écrire, à parler plusieurs langues dont l’anglais. Nous ne pouvons pas passer à côté des nouvelles technologies pour nos propres besoins et pour nous ouvrir au monde. “Terre matricielle. Terre de créolie. L’imaginaire porteur d’avenir n’est pas la nostalgie d’une île de La Réunion idyllique, paradis perdu qui n’a jamais existé et que l’on ne retrouvera jamais. Il est fini le temps des colonies. Et il doit finir aussi le temps des ex-colonisés qui jouent de tous les alibis pour se présenter en victimes de l’Histoire tout en se déchirant entre eux par jeux d’intérêts, pour la conquête du pouvoir dans tel ou tel domaine. Hier, les chaînes de l’esclavage étaient physiques et matérielles. Aujourd’hui, gardons-nous de bien nous enchaîner nous-mêmes culturellement et intellectuellement… dans nos têtes et dans nos comportements. N’oublions jamais ce temps ignoble de l’esclavage. Souvenons-nous des drames et des situations inhumaines du passé. Mais, pour en sortir, pour nous en exorciser. (…) Tous Réunionnais avec nos origines et nos sensibilités différentes, ce n’est pas l’esclavage que nous avons à célébrer… c’est la sortie de l’esclavage, c’est la liberté et une certaine unité acquise en référence. Il en va de la construction solidaire de notre communauté de destin. » Préface à “Rimeurs, Slameurs et autres rencontres d’hier à aujourd’hui”, Editions UDIR, 2008. Alors, elle a perduré la “Créolie” ? Elle est toujours là, et toujours en devenir parce que notre identité réunionnaise, comme toute autre identité, évolue. Rien n’est figé. Mais qui peut refuser l’amour fort, la dignité, la liberté, la responsabilité, la créativité, la fraternité à vivre et à partager avec ses semblables ? Ici, à La Réunion. Et pour sa part, l’Eglise catholique à La Réunion regroupe en son sein, toutes les sensibilités ethnoculturelles, toutes les couleurs de peau et elle est ouverte à toutes les valeurs humaines de la planète
Monseigneur Gilbert Aubry

Le mot créolie i donn amoin la gratèl !

Par contre là, où je suis d'accord c'est quand il fait le parallèle entre kréol (et c'est bien de l'écrire comme çà) et réunionnais. C'est évident que les choses ont beaucoup évoluées ces dernières décennies, les mentalités ... et surtout une véritable prise de conscience de qui on est (de notre identité) ... aujourd'hui dire moin lé kréol ou moin lé rénioné c'est vouloir dire quasiment la même chose ... même si le mot réunionnais est à mon sens plus rassembleur, plus fort, plus juste !
Et c'est évident que la définition du dictionnaire pour le mot créole (kréol) ne tiens plus la route ... et celà depuis fort longtemps. Certes être réunionnais aujourd'hui, ne se résume pas qu'à parler kréol !
Etes réunionnais aujourd'hui, c'est avant tout et surtout (à quelques exception près) parler kréol la langue maternelle de la très grande majorité de la population, vivre sa culture, sa musique, s'imprégner de son histoire et s'ennivrer de sa cuisine et de ses parfums. Etes réunionnais aujourd'hui, c'est aussi et avant tout avoir des parents (ou l'un d'eux) réunionnais (à quelques exception près) ...
Kaf, yab, malbar, sinoi, zarab nout tout nou lé rénioné ... et dire celà ce n'est nullement exclure les autres ... je pense aux zorey, aux Mahorais ou aux comoriens, aux malgaches, aux mauriciens ... qui vivent dans
notre pays.
La Réunion doit rester une terre de tolérance et d'acceuil ... mais en aucune façon au détriment des réunionnais.

La situation néo-coloniale est une réalité à La Réunion et dire aujourd'hui : "Il est fini le temps des colonies. Et il doit finir aussi le temps des ex-colonisés qui jouent de tous les alibis pour se présenter en victimes de l’Histoire tout en se déchirant entre eux par jeux d’intérêts, pour la conquête du pouvoir dans tel ou tel domaine". Je trouve cette façon de voir les choses insultante en vers tous les réunionnais, envers ce que nous sommes aujourd'hui et surtout envers notre histoire ... en tenant compte du rôle joué par l'Eglise au début de notre peuplement, pendant les périodes de l'esclavage et de l'engagisme ... et même bien après !

C'est sûr également que l'Eglise à beaucoup évoluée ... mais reste encore du chemin à parcourir.
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