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 France:la république des barbouzes

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Ghjuvà
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Nombre de messages: 7590
Localisation: Corsica
Date d'inscription: 17/11/2004

MessageSujet: France:la république des barbouzes   Dim 17 Déc 2006, 15:38

Citation:
la république des complots



Information verrouillée, suicidés à bout portant, barbouzes... une enquête passionnante vous invite à visiter les coulisses de la ve République. Des complots parfois très "corsés"... entretien avec Roger Faligot, coordinateur de l'ouvrage...



-Du SAC au sang contaminé, du complexe militaro-industriel à l'amiante en passant par le Rainbow Warrior... à lire le pavé que vous avez dirigé,
il semble que le complot soit partie prenante de l'histoire de la Ve République, voir de la ve République tout court...


Roger Faligot. Il y a tout de même un élément fondateur : la ve République naît elle-même d'un complot, l'opération "Résurrection" qui mêle réseaux semi-clandestins et totalement clandestins d'anciens résistants, de gaullistes, etc. et dont l'un des épisodes a lieu en Corse avec l'implication des parachutistes du 11e bataillon de Choc. À l'époque, cela était dû à une situation spécifique du fait de la guerre d'Algérie. Mais cette manière de procéder s'est enracinée dans la constitution voulue par Charles de Gaulle qui s'appuyait sur un certain nombre de domaines réservés, avec des services spéciaux très sollicités. Nous avons voulu réaliser une sorte d'audit de ces "pratiques". Il apparaît qu'à la différence de l'époque gaulliste, marquée par l'aura et la probité personnelle du général, les choses ont fini par dégénérer de plus en plus...

Curieux, pour un pays qui s'affirme comme le phare des Droits de l'homme...

R.F. Il faut toutefois remarquer que si nous avons pu écrire ce livre et que vous pouvez en parler dans vos colonnes, c'est tout de même le signe que nous vivons en démocratie. Mais il est vrai qu'on a du mal à s'affranchir, en France, du poids des secrets d'état. Dans notre livre, nous consacrons un chapitre aux assassinats menés par les services spéciaux espagnols sur le sol français, parfois avec la connivence ou le soutien logistique de fonctionnaires français... Ce qui est frappant, c'est qu'en Espagne, les procès qui ont suivi la révélation de ces affaires ont conduit à l'emprisonnement du ministre de l'intérieur et du chef de la police. En France, malgré deux policiers français cités au cours du procès, personne n'en a parlé à part quelques journaux militants.

Le travail du journaliste est rendu très difficile par cet état de fait...

R.F. Oui, aujourd'hui, si un journaliste veut savoir ce qui s'est passé après l'affaire d'Aleria, par exemple, il pourra toujours trouver un ancien militant ou un ancien policier prêt à lui parler... mais uniquement à titre privé ! Plus près de nous, alors que le gouvernement repousse aux calendes grecques la création d'une commission de contrôle parlementaire sur les services de renseignement, ce type de démarche existe dans de nombreux autres pays. En Allemagne, dès qu'elle a appris que des journalistes avaient été espionnés par les services de renseignement, Angela Merkel a exigé une enquête dont les conclusions sont désormais disponibles sur Internet ! Ce serait impensable en France !

À la relecture de votre ouvrage, pensez-vous que le complot ait changé de nature ?
R.F. La plupart des sujets que nous avons traités ont lieu pendant la guerre froide. Une petite anecdote : pour ne pas alourdir le livre, nous avions pensé évoquer les quelques assassinats qui ont eu lieu sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing... Après recensement, nous en avons trouvé près d'une cinquantaine ! Certains étaient dus à la situation au Moyen-Orient. Mais les services français ont toujours toléré les agissements de leurs homologues comme le Mossad, mais pas seulement, sur le sol national. Nous révélons par exemple que l'avant-veille de l'assassinat de Mario Bachand, un activiste du Front de Libération du Québec, le directeur des opérations de la police royale montée canadienne était en France pour superviser sa disparition...
Aujourd'hui, je crois que nous ne sommes plus tout à fait dans la même logique. Les moeurs politiques, le rôle de services comme la DST, davantage tournée vers la lutte contre l'islamisme et l'intelligence économique, ou la DGSE, qui est devenue plus "civile" et moins militaire et travaille au niveau géostratégique, rendent beaucoup plus délicat ce type d'action. Et puis il y a le phénomène européen avec la construction de l'Union et une tendance générale à la résolution des conflits. De quoi être un peu plus optimiste...

Que ce soit en Bretagne, au Pays basque ou en Corse, les « services » français n'ont jamais cessé d'agir dans l'ombre... Est-ce révélateur d'une certaine incompréhension des revendications identitaires ?

R.F. Souvenez-vous du ministre de l'intérieur Raymond Marcellin, le « Fouché breton », qui assurait que « derrière chaque militant breton du FLB se cache un agent du KGB »... Cette tendance à radicaliser la lutte contre les revendications minoritaires a suscité en retour la propre radicalisation de ces mouvements. En ce qui concerne la Corse, on a le sentiment de « montagnes russes » : les gouvernements ont toujours hésité entre des opérations carrément barbouzardes, comme le plasticage de la station de radio RCI en Italie il y a trente ans, et des projets, des négociations, des enveloppes... Comme s'ils ne savaient jamais sur quel pied danser.

Pensez-vous que de telles opérations barbouzardes puissent à nouveau être organisées ?

R.F. Nous approchons d'une élection qui verra certainement le futur chef de l'état, homme ou femme, à une sorte d'état de grâce où on retrouvera sans doute un énième projet à dimension sociale, politique ou institutionnelle... Mais rien n'exclut qu'en cas d'échec d'une telle démarche, le président de la république se retrouve à nouveau dans un tel schéma. Cela peut aller de l'opération type « paillote » à quelque chose de plus dramatique...




Antoine Albertini
source www.club-corsica.com


RCI pour ceux qui ne le savent pas c'est Radio Corse Internationale,elle n'existe plus aujourd'hui.

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