FPL:Forum des Peuples en Lutte

Foru di i Populi in Lotta/Forom ar Pobloù a Stourm/Fòrum dels Pobles en Lluita/Foròm dels Pobles en Luta/Borrokan dauden Herrieri buruzko Forua/Anmagar n ugdaden itnaghen
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partager | 
 

 corse/hawaii: éléments de comparaison

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
bandera
Membre historique


Nombre de messages: 826
Localisation: région parisienne
Date d'inscription: 26/01/2007

MessageSujet: corse/hawaii: éléments de comparaison   Ven 06 Juin 2008, 20:09

une comparaison qui porte à la réflexion:
extrait du site de l'université Laval ( Québec ) sur Hawaii

[quote]La composition ethnique se présentait comme suit : 33 % de Blancs (américains ou européens), 22 % de Japonais, 15 % de Philippins, 12 % d’Hawaïens, 6 % de Chinois et 10 % d’autres ethnies d’origine polynésienne, portoricaine, coréenne, sud-américaine, pakistanaise, vietnamienne, etc. Les Hawaïens de souche sont appelés ''Native Hawaiians''.

Les Hawaïens polynésiens d'origine comptent officiellement pour 12,5 % de la population (138 742 personnes), mais seulement 8000 — soit moins de 1 % de la population — d’entre eux sont considérés comme des «Hawaïens purs» (''pure Hawaiians''), les autres étant des Métis (environ 11 %).


En ce qui concerne les langues, 73,3 % des Hawaïens (habitants d'Hawaï) parlent l'anglais comme langue maternelle.

Les autres langues les plus importantes sont, outre les langues polynésiennes (7,9 %), le filipino (5,7 %), le japonais (4,9 %), le chinois (2,9 %), l'espagnol (1,6 %) et le coréen (1,6 %). Les Hawaïens qui utilisent encore ces langues immigrantes sont ceux de la première et de la deuxième génération; ceux de la troisième génération ont généralement abandonné la langue de leurs ancêtres.



La population dite «ethnique» hawaïenne serait, selon l'Office of Hawaiian Affairs de 2003, de 400 000 personnes, soit 18,8 % de la population, mais il faut compter aussi 99 269 «Hawaïens ethniques» aux États-Unis, dont 24 245 dans la seule Californie. Parmi la population appartenant à l'ethnie hawaïenne, seuls 8244 sont considérés comme des «Hawaïens purs» (''pure Hawaiians''). On croit qu'en 1778 (découverte de l'archipel par James Cook) il y avait plus de 500 000 «Hawaïens purs».

En réalité, les estimations relatives au nombre d'Hawaïens qui parlent couramment l'hawaïen semblent varier considérablement selon le degré de connaissance de la langue.

Il n'empêche que l’hawaïen est partout présent dans la toponymie, les noms d’édifices publics, les restaurants et les menus, la musique, la danse, la radio, etc., car il sert d’instrument d’identité commune aux nombreux groupes d'origines ethniques diverses vivant à Hawaï. Ce fait montre qu'une langue peut continuer à survivre comme symbole identitaire, alors qu'elle est en voie d’extinction.



Cependant, plus de la moitié de la population (au moins 600 000 locuteurs) de l’archipel emploie aussi un pidgin english (appelé simplement pidgin ou en anglais Hawaiian Creole English) comme langue véhiculaire afin de communiquer avec les autres ethnies. Il s’agit en fait d'un pidgin à base d’anglais devenu créole depuis environ un siècle.





Avec le temps, ce pidgin est devenu la langue maternelle de beaucoup de citoyens d'Hawaï.


Après moins d’un siècle de contacts avec les Blancs et les autres ethnies «de couleur», soit vers la fin du XIXe siècle, les Hawaïens polynésiens étaient passés d’un million d’habitants à seulement 40 000.

Par la suite, les luttes d'influence menées avec succès par les Américains — dont l’armée, les fonctionnaires et les chefs d’entreprises — ont finalement abouti, bien sûr au nom de la démocratie, à la déposition en 1893 de la reine hawaïenne Liliuokalani et à la proclamation, le 4 juillet 1894, de la république d’Hawaï.

Malgré l’opposition de nombreux citoyens, le nouveau régime fut contraint de demander l'annexion aux États-Unis, laquelle devint effective le 12 août 1898, soit à la fin de la guerre hispano-américaine. En étendant leur domination à Hawaï, les Américains atteignaient l'un de leurs objectifs expansionnistes.
Citation:
L’anglais fut aussitôt proclamé l’unique langue officielle d’Hawaï. Dès lors, il devint illégal, jusqu'en 1987, d'apprendre l'hawaïen dans les écoles publiques de l'île, sauf en tant que que langue étrangère
.

Un État américain

En 1959, une référendum eut lieu dans l’archipel, alors que les milliers de soldats des forces armées américaines bénéficiaient du droit de vote, ce qui eut pour résultat de favoriser une majorité de voix en faveur de l’accession d’Hawaï au rang d’État américain. Hawaï devint, le 21 août 1959, le 50e État américain.

En tant que territoire américain, l'archipel d'Hawaï a vu le tourisme augmenter de manière exponentielle. Des 50 000 visiteurs enregistrés en 1951, l'archipel est passé à plus de sept millions de touristes annuels.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aiatshimunanu
Résistant
Résistant


Nombre de messages: 332
Localisation: Québec
Date d'inscription: 20/12/2007

MessageSujet: Re: corse/hawaii: éléments de comparaison   Dim 08 Juin 2008, 01:23

L'extinction d'un peuple par la colonisation.

C'est désolant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
bandera
Membre historique


Nombre de messages: 826
Localisation: région parisienne
Date d'inscription: 26/01/2007

MessageSujet: Re: corse/hawaii: éléments de comparaison   Dim 08 Juin 2008, 14:29

ce sujet ne semble pas amener beaucoup de réactions !

mais après avoir parlé des points de ressemblance, il faut parler aussi des différences ( elles aussi relatives ) car Hawaii, en tant qu"état fédéré des USA, a des possibilités d'action impossibles en Corse
suite de l'étude très complète sur le site de l'Université de Laval
( extraits seulement )


Citation:
Ce n'est qu'en 1978 que la Constitution hawaïenne reconnut l'hawaïen comme l'une des langues co-officielles de l'État avec l'anglais. En 1990, le gouvernement fédéral des États-Unis a adopté une politique reconnaissant le droit des Hawaïens de préserver, d'employer et de soutenir leur langue ancestrale.

4 Le statut juridique de l’hawaïen
La Constitution du 7 novembre 1978 (modifiée au 1er janvier 2000) déclare au paragraphe 4 de l'article 15 que l’anglais et l’hawaïen sont les langues officielles d’Hawaï:


Citation:
L'anglais et l'hawaïen sont les langues officielles d'Hawaï, sauf que l'hawaïen ne doit être utilisé pour les transactions et les actes officiels que dans les cas prévus par la loi.



Ainsi, la langue hawaïenne est devenue avec l’anglais l'une des deux langues officielles de l'État. Le Préambule de la Constitution est très clair à ce sujet tout en employant l'expression hawaïenne «Olelo Makuahine»:


Citation:
Préambule
Nous, les citoyens et descendants du Kanaka Maoli, maintenons l’Olelo Makuahine comme notre langue officielle.





En 1990, le gouvernement fédéral des États-Unis a adopté une politique reconnaissant le droit des Hawaïens de préserver, d'employer et de soutenir leur langue ancestrale. Plus précisément, le Congrès des États-Unis entérinait la Constitution et les lois de l'État d'Hawaï, qui réaffirmaient et protégeaient le droit unique du peuple autochtone hawaïen de pratiquer et perpétuer ses coutumes culturelles et religieuses, ses croyances, ses pratiques et sa langue (alinéa 3 du paragraphe 11701 du US Code):



[...]
Code des États-Unis

TITRE 42

Citation:

Le Congrès considère que :

1) Les autochtones hawaïens constituent un peuple indigène distinct et unique avec une continuité historique des habitants originaires de l'archipel d'Hawaï, dont la société a été organisée comme une Nation avant l'arrivée des premiers non-autochtones en 1778.

2) Le peuple autochtone hawaïen est déterminé à préserver, développer et transmettre aux générations futures son territoire héréditaire et son identité culturelle, conformément à ses propres croyances spirituelles et traditionnelles, ses coutumes, ses pratiques, sa langue et ses institutions sociales.

3) La Constitution et les lois de l'État d'Hawaï :

(a) reconnaissent les droits territoriaux distincts du peuple autochtone hawaïen comme étant le bénéficiaire des terres publiques protégées; et
(b) réaffirment et protègent le droit unique du peuple autochtone hawaïen de pratiquer et perpétuer ses coutumes culturelles et religieuses, ses croyances, ses pratiques et sa langue.

4) Au moment de l'arrivée des premiers non-autochtones à Hawaï en 1778, les autochtones hawaïens ont vécu dans un système social de subsistance fortement organisé, autosuffisant, basé sur la propriété foncière commune avec une langue, une culture et une religion raffinées.

[...]


Cette déclaration du caractère co-officiel de l'hawaïen reste relativement symbolique, car l'État ne fonctionne qu'en anglais, l'emploi de l'hawaïen demeurant accessoire.

5 La politique linguistique
La politique linguistique de l’État a comme but officiel de promouvoir la langue et la culture hawaïenne. En réalité, l’anglais demeure l’unique langue de l’État, que ce soit au Parlement, dans les cours de justice, l’administration, les écoles, etc. Néanmoins, les citoyens ont le droit d’utiliser un certain nombre de langues même dans leurs relations avec l’État. On peut l'employer sur tous les emblèmes ainsi que sur les symboles représentant l'État, ses ministères, ses organismes et ses subdivisions administratives.

Dans les faits, l'État est unilingue anglais, car l'usage de l'hawaïen relève essentiellement du symbole!


5.1 La langue de la législation

Au Parlement, l’anglais reste la langue généralement admise dans la législation, bien que le pidgin english soit également utilisé dans les communications orales. Le paragraphe 44 des Lois révisées d'Hawaï (Hawaii Revised Statutes) précise bien que «toutes les procédures législatives doivent être menées en anglais»:
....
Dans un État officiellement bilingue, il serait plutôt d'usage d'exiger l'emploi de l'une des deux langues officielles, ce qui implique dans le cas d'Hawaï que l'anglais est beaucoup «plus officiel» que l'hawaïen.

...

Dans le cas des toponymes, nombreux sont ceux rédigés en hawaïen. Il en est ainsi des noms de rue (odonymes). Dans la Ville d'Honolulu, il existe des règlements municipaux à ce sujet. Ainsi, un règlement approuvé le 5 juillet 1984 de la City and County of Honolulu exigeait alors que tous les nouveaux noms de rue apparaissent en hawaïen. Aujourd'hui, ce règlement fait partie des Revised Ordinances of Honolulu, c'est-à-dire des Règlements révisés d'Honolulu. Nous reproduisons ici les articles du règlement concernant la désignation des rues:

....
Cela signifie que le terme générique est en anglais (Street, Boulevard, Avenue, Road, etc.), alors que le spécifique peut être en hawaïen (Waipahu, Kunia, Mahoe, Ahua, Nohonani, etc.). En réalité, la plupart des odonymes sont soit en anglais soit en hawaïen: Kunia Road, Queen Street, Waipahu Street, South Street, Kalakaua Avenue, Pacific Street, Vineyard Boulevard, Kaila Road, Ala Wai Boulevard, etc.

5.4 Les langues de l'éducation

Dans les écoles, l’anglais est enseigné à tous les niveaux, de la maternelle à l’université. Toutefois, il est possible que l’enseignement soit dispensé dans l’une ou l’autre des langues immigrantes dans le cadre de programmes d’«éducation bilingue». C’est notamment le cas avec le chinois mandarin, le japonais, le samoan et le tonguien.

L’article 10 de la Constitution du 7 novembre 1978 (modifiée au 1er janvier 2000) est consacré à l’instruction publique. Le paragraphe 4 prescrit dans toutes les écoles publiques un programme d’enseignement en hawaïen (Hawaiian Education Program), car l’État doit promouvoir l’étude de la culture hawaïenne, de son histoire et de sa langue:


...
Article 10

Paragraphe 4

1) L'État doit promouvoir l'étude de la culture, de l’histoire et de la langue hawaïenne.

2) L'État doit prévoir un programme d’enseignement hawaïen dans les écoles publiques comprenant la langue, la culture et l’histoire. L’usage des compétences de la communauté est encouragée en tant que moyens appropriés et indispensables dans la promotion du programme d’enseignement hawaïen.


Il est donc devenu obligatoire de dispenser un enseignement en hawaïen comme langue seconde dans les écoles publiques de l’archipel. Il s’agit d’une politique visant à donner une éducation bilingue aux enfants de façon à leur assurer un minimum de connaissances linguistiques, culturelles et historiques sur Hawaï et sa langue.
Dans les faits, cette prescription constitutionnelle a eu pour effet d’obliger, depuis quelques années, tous les établissements d’enseignement primaire et secondaire (jusqu’en 8e année) à faire apprendre, au moins une heure par jour, les rudiments de la langue seconde qu'est l'hawaïen ainsi que de sa culture.
Le résultat de cette politique s’est concrétisé par un certain engouement pour les cours d’immersion dispensés sur une base facultative dans les écoles secondaires et à l’université; les listes d’attente semblent montrer que ces programmes sont populaires, particulièrement auprès des adultes.

....
En somme, le gouvernement d'Hawaï a entrepris une politique de restauration de la langue autochtone dans les écoles en tant que langue seconde. Il n'est pas possible de faire autrement. L'hawaïen est une langue considérée comme en voie de disparition, et les locuteurs naturels de cette langue, en constante régression numérique, ne contrôlent plus la situation politique et économique de leur pays, Hawaï étant un État américain comme les autres. La politique linguistique actuelle axée sur l'enseignement de l'hawaïen témoigne d'une politique de l'enseignement d'une langue seconde à forte valeur identitaire.

Précisons que beaucoup de messages publicitaires sont bilingues sans qu'il s'agisse exclusivement du bilinguisme anglais-hawaïen; on note en effet le bilinguisme anglais-chinois, anglais-japonais ou anglais-filipino. Tous les grands magasins, et même plusieurs commerces plus modestes, ont à leur service des employés bilingues qui peuvent répondre aux clients japonais; certains, moins nombreux peuvent aussi s'adresser aux clients chinois.

Il est peu probable que l’hawaïen redevienne un jour une langue véhiculaire, mais l’État d’Hawaï veut perpétuer son usage et, surtout, développer chez tous les Hawaïens un sentiment d'identité collective, et ce, même chez les locuteurs parlant le filipino, le japonais, le chinois, le créole, le punti, le coréen, etc. C’est pourquoi l’État encourage l’utilisation de l’hawaïen dans la toponymie, l'odonymie (plus précisément la partie spécifique des noms de rue), les raisons sociales, les menus de restaurant, etc.


La politique linguistique de l’État d’Hawaï se révèle différente des autres politiques linguistiques adoptées par les États-Unis. D’abord, elle ne vise pas seulement à assurer une éducation bilingue temporaire destinée à laisser ensuite la place à l’anglais. La législation hawaïenne poursuit un autre objectif que celui de l'intégration, c'est-à-dire l'assimilation linguistique. Il s’agit plutôt d’une politique d'éducation bilingue qui privilégie la conservation de la langue ancestrale. Si la controverse reste très vive aux États-Unis entre les partisans de l'intégration et les partisans de la conservation, ce n’est pas le cas à Hawaï. La population semble accepter le point de vue du gouvernement local, car c’est avant tout une question de sauvegarde d'une identité collective.

Il n’est d’ailleurs pas surprenant qu’une certaine partie de le population ait développé des velléités d’indépendance par rapport aux États-Unis. En tout cas, la Proclamation of Restoration of the Independent and Sovereign Nation-State of Hawai'i du 16 janvier 1994 ne laisse aucun doute à ce sujet.

Certes, la politique linguistique hawaïenne ne pourra faire en sorte que l’hawaïen remplace un jour l’anglais comme langue véhiculaire dans l’archipel, mais elle pourra perpétuer

. En définitive, il faudra quand même plus qu’une simple politique d’éducation bilingue et plus que des menus de restaurant affichant avec ostentation des mots polynésiens. Il faudra une politique linguistique qui sorte du caractère symbolique adopté jusqu’ici. Pour ce faire, il faudrait appliquer une politique de bilinguisme plus systématique dans laquelle les deux langues officielles seraient sur un pied d'égalité, ce qui n'est guère le cas actuellement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aiatshimunanu
Résistant
Résistant


Nombre de messages: 332
Localisation: Québec
Date d'inscription: 20/12/2007

MessageSujet: Re: corse/hawaii: éléments de comparaison   Dim 08 Juin 2008, 22:54

Hawaï s'aligne sur la politique linguistique de l'Irlande ou je rêve?

C'est bien, en tout cas mieux que pour les autres peuples autochtones des États-Unis...

Plusieurs ont mieux conservés leurs langues (des dizaines d'autres sont éteintes) mais ils n'ont pas une telle protection culturelle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

corse/hawaii: éléments de comparaison

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» corse/hawaii: éléments de comparaison
» Djibouti : le «Corse» prend le relais du «Vexin»
» AD de la Haute-Corse en ligne
» LA CHIAPPA (CORSE DU SUD)
» Où acheter des re-ments?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
FPL:Forum des Peuples en Lutte :: Peuples sous occupation française :: Foru Corsu-